Robson 40°20'S, 10°0'W 350 km South East of Tristan da Cunha

22Juil/140

Yo ! C’est Mite !

Day 6
Bye bye San Francisco, aujourd'hui on taille la route !
Ce matin on s'est levé presque tôt pour aller récupérer la voiture de location en plein centre ville. Après une bonne heure de queue, je m'entends dire que la voiture que j'ai réservé n'est pas dispo et qu'à la place je vais avoir un Jeep Grand Cherokee, un peu moins sympa et probablement moins sûr... J'ai du coup le choix entre un modèle vraiment moins bien (pour le même prix) ou un modèle vraiment plus classe (pour plus cher). Allez va pour le luxe, on ne vit qu'un fois !
Du coup je me retrouve au volant d'une Infiniti QX60, un énorme char américain, équipé d'un V6 de 3200 cc avec tout le confort et les gadgets à bord. Le coffre motorisé qui s'ouvre tout seul, pas de clé pour ouvrir les portes ou démarrer le moteur (la voiture te reconnais à 10 mètres), boite auto (of course), fauteuils motorisés, caméra de recul, tout y est ! Nath est ravi ! Les enfants ont quasiment du mal à toucher les sièges de devant avec leurs pieds tellement il y a de l'espace, c'est vraiment agréable.

On part de SF sur les coups de 14h et on prends plein Est, direction Stockton. Il fait chaud mais tout va bien. On peine à sortir de la ville, il faut dire qu'un vendredi après-midi... On progresse dans un trafic très dense sur l'autoroute à 4 voies. Encore et toujours ces gros pick-ups, ces 4x4 et ces grosses cylindrées américaine partout sur la route... Dès qu'on quitte SF, le paysage change et on sent qu'on s'enfonce dans les États-Unis, les vrais ! Collines pelées, fast-foods en bord de route, éoliennes et paysages sans obstacle. Là on y est ! On quitte finalement assez vite les grosses routes pour se retrouver dans les vergers de la Sierra Nevada, puis aux abords du parc de Yosemite. Ça tourne, ça monte et on finit par arriver à Groveland, petit endroit paumé mais assez mignon. On trouve notre motel, enfin notre "ranch" et on s'installe dans notre chambre. Il s'agit d'une sorte de logis avec 3 chambres et une salle à manger commune. A l'extérieur on trouve une terrasse en bois et un jardin verdoyant qui donne sur une immense prairie. L'endroit est magnifique, je n'aurais pas rêvé mieux. Typiquement américain avec les drapeau de l'Oncle Sam un peu partout, super mais alors super kitch mais chaleureux. Le soir, après un bon burger dans le plus vieux saloon de Californie, on se retrouve à 4, à partager 2 grands lits. Les enfants s'endorment facilement et c'est tant mieux !

Day 7
Après un petit déjeuner copieux, en terrasse et sous un soleil de plomb (9h) on prend la voiture pour filer vers le parc. En route on constate avec tristesse les ravages de l'incendie de l'été dernier. 1000 Km² partis en fumée à cause d'un seul homme. Quelle tristesse. On entre dans le parc et on suit les routes à touristes qui nous mènent à plusieurs cascades et à plusieurs points de vue assez sublimes. On s'arrête tous les 2 kilomètres pour prendre des photos et admirer le paysage. On cherche désespérément les ours, mais rien du tout ! Vers 15h, le temps se gâte et tourne à l'orage. Du tonnerre et des éclairs mais pas encore de pluie, il est temps de renter...
De retour à Groveland, on en profite pour faire quelques courses et se payer un petit apéro avant de retourner diner au saloon. Cette fois-ci on essaie de ne pas se faire avoir sur les portions et on tente même le coup de la salade ! Même en la jouant rusé, on s'est laissé berner encore une fois. 1 burger sans frites et un fish & chips pour 2 adultes + une salade à partager à 4 + une bricole pour les enfants, ça devait passer ! Quand le fish & chips arrive devant moi, il y a 4 énormes bouts de poisson posés sur un océan de frites. Gustativement c'est très bon mais bon sang, les quantités ! Du coup, le tout divisé par 2 avec en prime de la salade et une bière, il y a de quoi devenir gros ici ! Et puis cette manie qu'ont les serveurs à constamment vouloir remplir nos verres d'eau glacée, c'est pénible. Et je ne parle pas de leur empressement à vouloir débarrasser nos assiettes alors qu'on mastique encore la dernière bouchée. C'est ultra pénible. "Are you still working on it or can I take the plate ?". Tu m'étonnes que je "work" dessus, fous moi la paix et reviens dans 10 minutes, je vais lécher l'assiette ! Aucun plaisir de la table ici, il faut absolument tout expédier... Et tant que j'y suis je vais en profiter pour conspuer leur système d'addition... A la fin du repas, la note qui nous est présentée comprend les taxes mais pas le service... Il faut donner sa carte bancaire au serveur (qui disparait avec !) pour obtenir enfin la note quasi définitive qui va servir de reçu. Mais ce n'est pas tout ! A cette note, il va falloir ajouter environ 15% (mais peut-être que 12% lorsqu'on a mal à l'avant bras ou 18% par jour de beau temps...), faire le calcul, noter le montant auquel correspondent les 15% et noter la somme totale avant de signer. Toujours sympa de faire du calcul après le dessert... Et puis rien ne les empêche de te ponctionner 20$ de plus vu qu'il n'y a aucun mécanisme de contrôle à part un petit bout de papier avec ma signature... Les gars ! Faites un effort et importez un système bien rodé où le service est inclus dans les prix des plats, où le pourboire est de tradition et où le consommateur peut contrôler exactement ce qu'il fait de sa CB grâce à un petit code à 4 chiffres. Vive le progrès !!

Day 8
Aujourd'hui on quitte notre petit ranchito pour traverser le parc de part en part. Adieu oies, vaches et colibris (véridique) et bonjour biches. Dès le lever du jours on sent que le temps tourne à l'orage. C'est pas grave, le grand beau temps c'est ennuyeux, enfin c'est toujours ce qu'on se dit pour se rassurer ! Arrivés dans Yosemite, on prend une route plus au Nord qui nous permet d'aller plus loin vers l'Est. La pluie est au rendez-vous mais on est bien dans cette bagnole. Malins comme des singes, on décide de quitter la router pour aller visiter des chemins plus pittoresques... On prend la "route" d'une ancienne mine et on s'enfonce dans les sous-bois du parc. Ça descend, ça monte, ça bouge, ça chahute. On pense pouvoir rallier la route en continuant tout droit... Plus loin, un peu plus loin, encore un peu. Et il pleut sévère. Les ruisseaux se forment le long du chemin de terre, on croise d'autres voitures et on se dit qu'ils viennent bien de quelque part. Après un loooooong moment, on finit par arrêter une voiture qui nous dit qu'il n'y a rien au bout ! Parfait. Demi tour avant que les ruisseaux se transforment en torrents !

On continue notre route sur la voie principale et on s'arrête quasiment à tous les points de vue. La météo se calme, laissant apparaitre des paysages magnifiques. Les nuages s'accrochent encore aux versants mais l'air est parfaitement clair, c'est d'une beauté incroyable. Plus on continue notre route, plus le paysage devient beau. C'est un mélange de paysage forestier et de paysage lunaire qui s'ouvre devant nous. Des parois de granit, des monts, des pans rocheux, des éboulis... La pierre et la forêt. De km en km le paysage est de plus en plus beau, c'est vraiment à couper le souffle. On a envie de tout filmer, de tout photographier pour tout ramener à la maison.

On continue notre traversée de Yosemite et cette seconde journée est un ravissement permanent. On passe des lacs, puis d'autres paysages minéraux entrecoupés de prairies, de plaines charmantes, des ruisseaux et de jolis sous-bois. On a vraiment envie de rester planté là à admirer la vue mais il faut avancer. On recherche toujours l'ours qu'on est venu voir mais en vain. On se contentera de 3 jolies biches broutant non loin de la route mais que nous seul apparemment avons vu...

On sort du parc et très rapidement le paysage change. La forêt laisse place à des précipices sans la moindre végétation. La route descend fortement, un peu comme si elle nous disait "Yosemite" c'est derrière, maintenant on passe à autre chose... Une fois encore, le paysage est incroyable, on a envie de s'en imprégner de longues minutes. La descente dure environ 30 minutes avant d'atteindre le bas de la vallée qui nous dévoile les premiers km² du lac bleu de Mono Lake. Avant de retrouver notre motel on décide de faire un petit détour par le lac.

Mono Lake est situé à l'intersections de plusieurs vallées et représente la destination finale de plusieurs cours d'eau du coin. En effet, il n'y a pas d'exutoire à ce lac ce qui fait que l'eau finit sa course ici sans jamais voir l'océan. L'eau est très salée et très alcaline ce qui explique l'absence de poissons. Mais ce qui est encore plus étonnant ce sont ces concrétion calcaires que le lac laisse apparaitre. Formées d'abord sous l'eau ces cheminées apparaissent avec l'abaissement du niveau de l'eau (notamment dû au détournement dramatique des cours d'eau qui l'alimentent depuis une cinquantaine d'années). Il n'en reste pas moins que le paysage est somptueux, entre blancs, bleus et argentés...

On finit par prendre la route de l'hôtel que l'on trouve en bord de route du petit village de Bridgeport, endroit paumé constitué de quelques baraques en dur complétées par quelques mobile homes. Il y a tout de suite une rue principale et 2 rues adjacentes et basta ! Une rue extra large et des petits magasins miteux de chaque côté de la route. Exactement comme les villages des westerns mais en version 2014. Vraiment étonnants ces petits patelins américains !

On passe la nuit dans une chambre exiguë et le réveil de 5H50 au son des gazouillis des oiseaux est dur !

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