Robson 40°20'S, 10°0'W 350 km South East of Tristan da Cunha

1Août/140

Mesa Verde

Day 19

Ce matin j'ai une mission : trouver des billets pour les visites guidées du parc de Mesa Verde. Il parait qu'elle sont populaire et qu'il faut les acheter 48h à l'avance. Du coup je règle mon réveil pour 7:30, histoire d'arriver à l'ouverture de l'office de tourisme. Cortez est une ville visiblement assez modeste, tant au plan de la superficie que du niveau de vie. A 8h du matin il y a de la vie, certains font même de la course à pied. J'essaie de transposer ma vie ici. Difficile à imaginer... J'achète mes billets pour les visites de 11h et 12H et je rentre réveiller les vacanciers. Même si Cortez est au pied de Mesa Verde, il y a une bonne heure de route jusqu'au fond du parc où toutes les visites se passent. Hop hop hop, on plie bagages vite fait bien fait et on s'arrête à la station essence pour du café, du thé et du chocolat chaud bizarre (avec une sorte de mélange vanille / caramel). Le petit dej se passe en voiture alors que l'on fait route vers le parc.

Mesa Verde est un haut plateau perché à 7000 pieds d'altitude. Cortez est dans la plaine ; la montée est sévère. Comme d'habitude, on cherche les ours dans les sous bois, à l'horizon et sur les versants opposés mais rien, toujours rien... La route sinue et nous offre une vue imprenable sur la plaine. Comme son nom l'indique, la "mesa" est bien verte, il y a de la végétation partout. Du buisson, des arbustes mais aussi quelque arbres et notamment des genévriers dont se servaient les premiers habitants des lieux. Après avoir serpenté sur les sommets de cette montagne plate, on arrive au petit parking surplombant le village troglodytique de "Balcony House". Un ranger tout maigre nous prend en charge au sein d'un groupe d'une vingtaine de personnes. Il nous explique les consignes de sécurités puis commence à nous raconter la vie des Indiens Anasazi qui se sont installés ici aux alentours de 1200. Ces peuples étaient établi dans la région et notamment sur Mesa Verde depuis 600 mais ils s'étaient contenté des sommets et ne s'étaient jamais installés à flanc de falaise. Les Indiens Anasazi (qu'il faut appeler "Ancient Pueblo people" ou "Pueblos" car "Anasazi" veur dire "anciens ennemis" en Navajo) vivaient de la chasse mais surtout de la culture du maïs qu'ils faisaient pousser sur le plateau de Mesa Verde. Vers 1200 (avant de quitter brusquement la région pour une raison qui reste encore assez mystérieuse) ils se sont mis à se réfugier dans les cavités des falaises et à y construire des villages entiers.

On descend avec le ranger tout maigre qui nous explique tout ce que l'on sait du mode de vie de ces Pueblos. C'est fascinant. Pour atteindre le petit village de "Balcony House" on descend des escaliers en fer avant de se hisser sur des échelles de bois. Le village est très bien conservé, on voit encore les traces de suie au plafond, quelques dessins et surtout les nombreuses pièce / chambres du village. Un sacré bond en arrière. J'essaie d'imaginer. La visite dure une heure et l'on enchaine avec une seconde visite : le village de "Cliff Palace". Comme son nom l'indique, c'est l'un des lieux les plus vastes et les plus spectaculaires du coin. Environ 6000 Pueblos vivaient sur Mesa Verde à l'époque mais seulement une centaine de personnes occupaient les 150 pièces disponibles. Un petit village incroyablement bien conservé, qu'on peut approcher de près mais qu'on ne voit pas en détail (pas de visite des pièces elles-mêmes ou des différents "quartiers" pour préserver ce site fragile). L'endroit est reculé, loin de tout mais magnifique. On imagine aisément le mal qu'on eu ces hommes à tailler la pierre pour fabriques ces "briques", à les ramener sur place, à fabriquer le mortier avec du sable et de la glaise puis à assembler le tout. Un travail de titan et d'ingénierie hors du commun. A voir comment les abrutis de Koh-Lantah se débrouillent pour monter une pauvre cabane en brindilles et feuilles de bananiers, ces Pueblos était des maîtres à l'oeuvre !

Pendant la visite, le ciel se couvre, les éclairs se dévoilent et le tonnerre gronde. Sympa. On va peut être se faire foudroyer sur ce creux de falaise et crever comme des mouflons. On quitte les lieux après la visite et on s'installe pour pic-niquer. Dommage, la pluie s'invite.Un peu, beaucoup, beaucoup trop. Les gouttes énormes nous font fuir et chercher un abri. On se prend un sacré grain sur la route du Musée. Vent, éclairs, tonnerre, grêle. Ici la météo ne plaisante pas et ne fait pas dans le demi-ton. L'orage passe, on visite le musée (intéressant) sur les chapeaux de roues puis on part déjeuner en bord de route, sur une aire de pic_nique qui surplombe la plaine. La vue est superbe, les brocolis sont délicieux ! Ce midi on a de la salade, des carottes et du brocoli !! C'est génial. Vous qui avez accès aux courgettes et à la feuille de chêne, vous n'avez pas idée à quel point les bons petits légumes nous manquent ! Un peu de sauce salade et ces petits légumes à croquer, c'est parfait ! Après déjeuner on redescend de ces plateaux verdoyants, on traverse Cortez pour la dernière fois et on file vers le Sud Ouest en direction du Canyon de Chelly.

A peine sortis de la ville, on constate qu'ici c'est le désert. C'est pas comme si on avait fait 20 km, on n'en a parcouru que 2 !! Quand on arrive à Cortez par le Nord, c'est l'abondance de l'agriculture. Quand on quitte la ville par le Sud, c'est le vide du désert. Incroyable. On roule un peu avant d'arriver au prochain "point de vue" : 4 corners. Il s'agit de l'intersection de l'Utah, du Colorado, du Nouveau Mexique et de l'Arizona. Ces 4 états sont carrés et forment ensemble un plus grand carré. Nous on est au milieu de tout ça ! On arrive à l'endroit en question et là où je m'attendais à trouver une sorte de stèle, une rose des vents, une boussole ou que sais-je, c'est une cahutte que j'aperçois. Et sur cette cahutte, il y a écrit "5$ par personne". Payer 20$ pour faire la queue derrière d'autres touristes qui s'écartèlent pour mettre leurs pieds et leurs mains dans 4 états différents pour la photo souvenir, non merci ! On fait demi tour et on passe notre chemin. Dommage !

On continue notre route au milieu de nulle part, comme d'habitude. La musique est bonne, le temps agréable. On est suivis par un gros camion qui nous colle alors que je respecte les limitations de vitesse. Je pense de suite au film "Duel". Aïe... On croise au beau milieu du désert un centre médical avec plusieurs logements associés (il n'y a pas de ville ou de village à 20 miles à la ronde, c'est quoi ce délire ?). Bien plus tard on passe devant un groupement de 10 maisons organisées autour d'une allée bitumée. Mais rien autour, que dalle ! Franchement on voit ici des choses étonnantes. Et puis on passe devant deux ou trois "trading posts" anciens lieu de troc entre tribus indiennes aujourd'hui devenus de simples "stores" où l'on vend des snacks, des bonbons et de la glace... En levant un peu les yeux, on se rend compte qu'on voit à des kilomètres à la ronde, à 360° ; encore unes de ces visions incroyables de l'Ouest américain. Le ciel nous propose toute une palette d'options météorologiques. On a du stratus, du cumulus, du cumulo-nimbus, on a du ciel bleu, on a du soleil, on a du ciel voilé et quelques endroits où il pleut (fort visiblement) et ce, au même instant, dans le même ciel.

On regarde le GPS et on doit tourner en direction ... roulement de tambour ... du plus gros et plus proche nuage tout noir. Décidément on est abonnés. On quitte donc le ciel bleu pour le gris, puis le noir. Ça contraste joliment avec le sable orange qui nous entoure désormais, c'est presque esthétique. Dans la masse de gris qui se dresse devant nous, il y a du rose / orange qui se forme. Et de plus en plus clairement. On s'arrête, on observe. C'est une tempête de sable qui grossit. Et c'est notre direction évidemment. On entre dans cette zone balayée par des vents chargés de sable. La visibilité est réduite et le sable serpente d'un côté à l'autre de la route. Il y a des habitation éparses (on est en pleine réserve indienne), quelques animaux, un hameau. Et tout ça sous le sable et la poussière orange. C'est une vision très étonnante et bien dépaysante ! A la sortie de cette tempête de sable, on aperçoit une petite tornade qu'on traque comme les chasseurs de tornades. On la filme, elle nous vient en plein dessus et passe exactement à l'endroit ou on est arrêtés. Bam, la voiture est secouée 1 seconde et la tornade passe. Tout le monde est ravi et on continue la route. Immédiatement après cette tempête de sable, c'est la pluie qui nous tombe dessus. Des seaux d'eau, des éclairs, du vent. On est secoués dans tous les sens et la pluie est vraiment violente. On n'a plus que 30 minutes de route qu'on finira sous une pluie battante.

L'arrivée à Chinle est loin d'être impressionnante. En laissant la météo de côté, on voit la pauvreté des lieux aux habitations éparses qui bordent les routent. Il s'agit principalement de mobile homes sédentarisés, posés dans un champ de poussière (ou de boue, au choix), entourés de quelques bouts de clôture, de bric-à-brac et de bazar. En général entre 2 et 5 véhicules plus ou moins délabrés sont garés aux abords des maisons. Il n'y a rien ici ou en tout cas rien de bien bon, la vie a l'air simple et dure.

On continue jusqu'à l’hôtel, un Holiday Inn tout confort, une sorte de radeau de survie 3 étoiles au milieu de cet endroit déprimant. On sort de la voiture sous des trombes d'eau. Un panneau à la réception nous prévient, ici il fait chaud et sec, il faut penser à s'hydrater. C'est ça on va y penser...

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