Robson 40°20'S, 10°0'W 350 km South East of Tristan da Cunha

4Août/140

Kokopelli

Day 20

Ce matin on prend un peu notre temps. On reste ici deux nuits, il faut en profiter pour se reposer un peu. Et puis, même si on est de retour en Arizona, on n'a pas récupéré l'heure qui nous était due car on est dans une réserve indienne. C'est compliqué, il faut suivre ! En territoire amérindien, on n'a pas non plus droit à l'alcool à cause des ravages historiques de la boisson sur la population. Alors on sert de la bière et du vin sans alcool. Du vin sans alcool c'est du jus de raisin non ? Bon, pas qu'on veuille boire dès la matin mais une bonne mousse en fin de journée c'est quand même sympa...

Bref, ce matin on y va tranquille. Après le p'tit dej on part découvrir le Canyon de Chelly (prononcer Canyon de "ché") dont l'entrée se situe à... moins d'un km de l’hôtel. On est vraiment à pied d’œuvre ! On grimpe en voiture sur cette mesa séparée en 2, dans le sens de la longueur, par une faille qu'on dirait taillée au poignard. Sur le dessus du plateau, les roches sont plutôt claires et les reliefs quasi inexistants alors que les méandres du Canyon sont rouge, rocheux et profonds. Le fond de la vallée est habité ; on y voit quelques cabanes et quelques terres cultivées parmi les arbres et la végétation. Le plateau est plus largement habité. Navajos et Hopis se partagent les lieux. Il s'agit de petites baraques planquées dans la brousse. Il y a des gens qui habitent ici, on est sur leur terrain de jeu, presque dans leur jardin. Tous les guides touristiques nous disent qu'il ne faut pas prendre les gens et les maisons en photo. Je comprends, je n'aimerais pas qu'on photographie ma maison pour montrer comment les petits Français vivent en France... On respecte cette consigne.

Il fait bon et beau, ça fait du bien. On s'arrête aux différents point de vues qui surplombent le canyon. Des Navajos nous attendent ici encore avec des stands remplis de bijoux, de poteries et de dessins. Pour une fois, ils nous parlent et nous "vendent" leur créations ; assez bien d'ailleurs. Tellement bien même qu'on leur achète quelques jolies choses. L'endroit est joli, le souvenir n'en aura que plus de valeur. On continue jusqu'au point de vue de White House et on se prépare pour une petite randonnée au fond du canyon. On descend dans la vallée par un petit chemin de terre qui serpente le long du précipice. Il fait chaud mais la descente est agréable. Au fond de la vallée il n'y a pas d'air, on a l'impression que seul le soleil parvient à nous atteindre. Il y a aussi un peu d'eau visiblement mais pas aujourd'hui. On poursuit la marche jusqu'au point d"intérêt : un groupe d'une dizaine de "maisons" dans un cavité de la falaise. Quelque "pétroglyphes" sont gravés dans la pierre, un roadrunner (bip bip), un scorpion et Kokopelli, le faiseur de pluie, symbole de fertilité. Dans le Canyon de Chelly, il n'y a quasiment personne en comparaison aux jours d'avant. On est seuls et ça fait du bien !
Après le déjeuner on entame le chemin du retour. Ce n'est pas la même histoire qu'à l'aller ! Ça monte, ça monte et il fait CHAUD !! Il n'y a pas un gramme d'air et je commence à comprendre le sens du panneau vu la veille dans le lobby de l'hôtel. On s'arrête toutes les 5 minutes pour souffler et pour boire. La montée est difficile mais on finit par retrouver le sommet et ses précipices magnifiques.

Il n'est que 15h et il est encore temps de poursuivre la visite mais en voiture ! On trouve un autre point de vue où l'on essaie encore de nous vendre des bricoles. Cette fois-ci ça commence a faire, on esquive gentiment devant l'insistance des vendeurs. On joue avec le précipice et on prend quelques photos de bord de falaise. Ça donne des frissons à tout le monde...

Comme on a bien bossé, on décide de finir la journée en mode plaisir, c'est à dire à la piscine de l'hôtel. On y passe 2 bonnes heures avec les enfants, à faire n'importe quoi. L'eau est vraiment chaude, c'est agréable. Caitlin ne claque pas des dents et ça c'est un vrai signe de chaleur ! Les enfants continuent leur apprentissage de la natation et apprennent à garder leur souffle sous l'eau pour aller chercher un objet au fond de la piscine.

Le soir, on s'autorise une petite bière dans la chambre (entrée en contrebande, oulala) puis on retourne au restau de l'hôtel qui nous sert un repas vraiment nase. 45 minutes d'attente et de la nourriture indigne du moindre restau, même aux US. C'est vraiment le moins bon repas de toutes nos vacances, un vrai record !

Day 21

On quitte l'hôtel vers 10h et on part faire une coursette au supermarché du coin histoire de ne pas mourir de faim en route, on ne sait jamais ! Ici on est en super minorité, ça fait bizarre de se retrouver dans la peau du blanc de service. Je pense aux personnes qui se trouvent dans cette situation parfois en France, ça fait toujours du bien de se mettre un peu dans la peau des autres. Dans les allées du supermarché et au dehors, je suis véritablement choqué par la pauvreté de la population. Je me fais accoster une fois à l'intérieur et une autre à l'extérieur. On me cause deux minutes histoire de savoir d'où je viens et à la troisième on me demande quelques dollars, un peu d'aide, un sac plastique... C'est dur. Il faut dire qu'il n'y a rien dans le quartier, pas d'activité, pas d'industrie, visiblement pas d'agriculture. Du coup ça me rend triste et je me dis que des petites villes comme celle-ci il doit y en avoir pas mal dans le coin. Les Amérindiens restent entre eux, quitte à ne rien faire ou vivre de petits business. A moins que ce ne soient les "blancs" qui les aient parqués ici pour les stocker quelque part. Mais pourquoi n'y a-t-il pas d'industrie ici ? Pourquoi ne voit-on pas ici un développement comme ailleurs ? Les gens d'ici ne sont pas plus bêtes que le ricain moyen alors pourquoi est ce que l'ascenseur social semble ainsi cassé ?

On prend la route du parc de Petrified Forest, tout au Sud. On passe par des plaines encore incroyablement vastes et très peu habitées. Un vrai régal dont on ne se lasse pas. Pour moi c'est vraiment ça l'Amérique, plus encore que les parcs nationaux ou que les grandes villes. J'en prends plein la vue et je profite de chaque km. On profite tellement qu'on prends la mauvaise route... Alors que faire ? Revenir en arrière et perdre du temps ou essayer de trouver un moyen de rallier la bonne route ? On opte pour l'option 2 en empruntant une route de terre, une route Navajo qui coupe la pampa sur... 30 km ! On est équipés et la route n'est pas trop mauvaise... On profite du paysage et on réalise notre chance de parcourir des collines qu'on aurait ignoré si on ne s'était pas trompés de route !

On finit par rallier le parc de la forêt Pétrifiée qui s'ouvre tout d'abord sur Painted Desert. Des collines en contrebas, très dentelées, très basses et qui virent du rouge au blanc en passant par le gris et le rose. Quelle beauté sous ce ciel bleu, quelle finesse et ce jusqu'à l'horizon. On poursuit la route pour arriver enfin aux premières forêts pétrifiées, en fait des lieux de sédimentation où ont été enfouis de grands arbres charriés par les rivières il y a des millions d'années. Entourés par l'argile, ces arbres ne se sont pas décomposés et se sont laissés envahir par la silice présente dans le sol. Le résultat, ce sont d'énormes silex de la forme des troncs, des branches et du bois d'alors. On voit tout : l'écorce, le veinage du bois, les nœuds... C'est impressionnant ! Il y a même des petits copeaux de bois, pardon, de pierre partout, c'est à s'y méprendre. Évidemment il est interdit de ramasser et de collecter du bois pétrifié pour des raisons évidentes de sauvegarde du patrimoine. On ne ramasse que 6 minuscules morceaux, vraiment histoire de dire. Et il y en a tellement ! Mais bon c'est un principe qu'il faut respecter (il y a même des coupons de délation pour dénoncer les voyous qu'on surprendrait à piquer du caillou !).

Après une pause dej / salade on sort du parc sans encombre, non sans craindre la fouille au poste frontière. Les nuages s'accumulent méchamment, il faut dire qu'il est 16h et qu'on n'a pas encore eu notre dose de flotte quotidienne... Juste après la sortie, les magasins de bois pétrifié se font concurrence, il y en a partout ! Ils ont leur arrière cour remplie de bois fossilisé, il y en a des tonnes, des dizaines de tonnes ! Du caillou au tronc entier il y en a pour toutes les bourses ! C'était bien la peine de nous saouler avec des panneaux d'interdiction, à l'extérieur du parc, le bois pétrifiés sert même de plots pour délimiter certains parkings ou bords de route. Ça démystifie un peu le concept...

On roule désormais dur la mythique Route 66 ! Enfin la route 66 historique qui se transforme ensuite en une multitude d'autres noms en fonction de la zone ou du tronçon de route. Bref on est sur la 66 et tous les motels en jouent, du plus classe au plus pourri (en passant par les motels fantômes abandonnés). C'est génial, "66" et une marque de fabrique, un filon inépuisable à mettre à toutes les sauces et les motels, les diners, les boutiques pourries et autres fast-foods, c'est pas ce qui manque par ici.

17h, il ne fait plus beau du tout. On passe devant le site de Meteor Crater dont on décide de remettre la visite à demain pour mieux profiter du désormais traditionnel beau temps matinal. Choix avisé ou non, on le saura demain... En attendant on poursuit la route vers Flagstaff, notre étape du jour. La pluie s'invite. Décidément on a le chic pour arriver à nos motels sous la pluie battante... On parvient à localiser notre motel parmi les 26543 autres que l'on trouve ici sur le bord de la Route 66 et on fait le check-in. Perdu ! A cause de l'orage, les systèmes informatiques sont à terre et l'on doit patienter. DIS DONC ! On nous aurait pas déjà fait le coup il y a 3 jours à Moab ? C'est le destin ! On part donc boire un coup en ville.

Le centre ville de Flagstaff est un joli petit bourg situé au pied d'une montagne faisant partie d'une ancienne chaine volcanique. Une douzaine de rues se croisent à la perpendiculaire et abritent des petits commerces allant du restau au magasin de sports d'hiver en passant par la boutique de fringues indonésiennes. Ici c'est assez "in", assez jeune et tendance. La montagne n'est pas loin et c'est un lieu très occupé l'hiver. A noter aussi que l'une des plus grandes voies de chemin de fer ralliant l'Est à l'Ouest traverse la ville. C'est la BNSF (Burlington Northern and Santa Fe) qui passe ici et les trains qui empruntent ces voies valent le coup d’œil. Que l'on soit amateur du genre ou non, on ne peut rester indifférent face à des convois de plus de 2km, parfois 3 ! C'est incroyable. Les containers sont entassés les uns sur les autres et il y a littéralement des centaines de wagons. Les michelines font un bruit effroyable et la terre tremble à leur passage. La nuit va être calme, la voie n'est qu'à 150m de l'hôtel !

Pour nous remettre de nos émotions, ce soir on va manger au Galaxy Diner, un vieux rade des années 70 où l'on mange des steaks frits, où l'on boit des milk shakes et où l'on danse au son d'un bon vieux jukebox oldschool !

(les photos demain...)

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