Robson 40°20'S, 10°0'W 350 km South East of Tristan da Cunha

25Juil/140

D comme Death

Day 9

Aujourd'hui nous nous réveillons à Bridgeport, au doux bruit des oiseaux et des camions vers 6h du matin mais on fait semblant de rien et on essaie de se reposer.

Ce matin, Nath s'est fait des amis Américains qui jouent au baseball devant notre chambre sur la pelouse. Sympa comme des Américains (c'est vrai ils sont toujours prêts à rendre service, à causer, etc...) ils lui proposent de jouer. Et voilà le petit Français qui s'essaie (avec succès) à la batte. Quel moment agréable et authentique !

On part du lodge à 10h pour rejoindre les sources chaudes de Travertine Hot Springs qui se situent à seulement 3 km. On arrive sur une colline et on voit des sortes de bassins naturels, comme des petites baignoires où s'entassent quelques bons gros Américains. L'eau est terriblement chaude, bien trop chaude pour pour être vraiment bonne pour la santé mais qu'importe. On n'y trempe que le petit doigt. Les sources sont naturelles et sortent en bouillonnant. En coulant, l'eau dépose des minéraux qui finissent par former des canaux et des monticules. C'est vraiment admirable. On ramasse quelques jolis pierres pour compléter la collection et on s'en va vers Bodie, village fantôme.

Après quelques kilomètres chaotiques, on arrive à Bodie, ancien village de mineurs et chercheurs d'or entre fin 1800 et 1940, aujourd’hui totalement abandonné. C'est le vestige d'un vrai village de cowboys où dur labeur rimait avec débauche et jeux d'argent. Les baraques sont toutes en bois, souvent plaquées de métal par-ci par-là. Tout est resté "intact" dans le sens où l'on voit encore par les fenêtres les objets que les habitants on laissé derrière en partant. On imagine bien la rue principale, les magasins, les habitations et la vie dans ce coin complètement perdu de Californie ! Le bâtiment de la mine est encore là mais il n'est pas ouvert au public, trop dangereux ! Un voyage dans le temps, pas si lointain...

On repart vers Mono Lake où l'on mange sur le pouce pas loin du rivage. On en profite pour faire encore quelques photos sous un ciel plus bleu qu'hier.
Enfin on reprend la route vers le Sud, non sans s'arrêter pour manger une glace (géante évidemment...). En route, on traverse des forêts assez clairsemées et on apprécie le paysage, constamment coincés entre deux flancs de montagne. On manque de renverser un coyote qui traverse devant nous ainsi qu'une tripotée d'étranges petites bestioles, genre écureuils avec une queue toute pelée et toute dressée comme une antenne. Triiiiiiii ils filent à toute allure avec leur queue en I, c'est vraiment amusant. La route est belle, vraiment. Les paysages sont toujours plus beaux et nous montrent l'immensité des Etats-Unis. C'est vraiment fou de voir ces étendues, on ne s'y habitue pas. On s'arrête souvent pour voir ce spectacle incroyable et on a envie de mémoriser chaque km parcouru. Du coup c'est photos et vidéos à chaque arrêt, en double, en triple, même si elles ne rendent pas toujours grâce à la réalité...

On continue la route par Bishop où j'en profite pour acheter du jerky de bison et de bœuf (sorte de viande séchée et assaisonnée) chez un petit producteur de bord de route. Dans le ciel de Bishop, je remarque aussi un planeur que j'envie immédiatement. Je vais devoir faire quelques recherches pour savoir à quoi ressemble le coin vu du ciel... On continue la route en passant par Lone Pine, petit patelin "mono rue" et on atterrit à Olancha, lieu-dit paumé en plein désert. Et quand je dis "lieu-dit", c'est déjà un superlatif... Une route, 3 baraques, du sable, la montagne d'un côté et rien de l'autre. On trouve notre "Motel" de bord de route et on découvre le mobile home spacieux qu'on a réservé. Un petit salon / cuisine, 2 chambres, c'est le luxe ! On va enfin pouvoir nous isoler des atroces grincements de dents nocturnes de Caitlin ! C'est fou de s'endormir en plein milieu du désert américain, si loin de chez soi, sous les étoiles.

Day 10

Comme tous les matins, je prends plaisir à faire quelques "miles" pour aller chercher mon café / jus de chaussettes du jour. Je trouve le mien toujours en bord de route, dans une sorte de "diner" de bord de désert où je suis accueilli par un ours empaillé. La journée va être longue !

On prend la route vers 9h30 et il fait déjà 30°, ça promet... On file droit sur le parc national de la Death Valley. Dès le début, la route est magnifique. On n'a rien devant si ce n'est qu'une superbe route noire à traits jaunes et du sable. Dans le ciel, 3 nuages se battent en duel et ils vont malheureusement tous y rester... Que dire ? La route est belle, les espaces sont immenses, chaque km est un vrai régal. Je trouve même une station de radio qui passe de la country. L'immersion est totale. On arrive enfin aux portes du parc. La légende va-t-elle tenir ses promesses ? Est-on vraiment en train de vivre nos dernières heures ? Les pronostics vont bon train et les degrés montent. On passe une première barre de montagnes, puis une deuxième. Arrivés au point de vue du Père Crowley, ma journée bascule. On n'a pas le temps de nous garer au parking du poijt de vue en question qu'un F-18/A surgit du canyon devant nous. Juste là, à 100m ! On essaie de sortir de la voiture. Puis un deuxième F18/A qui se présente lui aussi sur la tranche en jaillissant dans un bruit assourdissant. On prend une photo tant bien que mal (ci-dessous). J'hallucine. Vraiment. Je n'arrive pas à croire ce que je viens de voir. 2 avions de chasse américains, surgissant d'un tout petit ravin devant des touristes médusés. Et j'étais là ! Enfin presque, à 3 minutes près je les filmais et j'avais ma vidéo du siècle ! Je revois tous les films du genre, de Top Gun à L'étoffe des Héros en passant par les Chevaliers du ciel. Les 2 avions avaient probablement décollé de la base d'Edwards dans le désert de Mojave pour venir s'exercer dans le coin. Je mets au moins 1h à m'en remettre...

On s'enfonce plus profondément encore dans la Vallée et on arrive dans le coin de "Stove Pipe" ("Tuyau du Fourneau" en français) où l'on découvre des petites dunes de sable fin. C'est notre première sortie par 45°. L'air est brûlant et sec. Un petit vent désagréable nous enveloppe tout entier. On fait quelques photos mais la tête rougie de Caitlin nous indique qu'il est temps de rentrer au frais. Les pancartes signalent aux visiteurs que l'endroit est très dangereux et qu'il ne faut pas s'aventurer trop loin sous peine de combustion spontanée, ou presque.

On poursuit notre périple de la mort en restant au fond de la vallée qui abritait autrefois un lac. Mais ça c'était avant. Maintenant il ne reste plus que de grandes étendues désolées et salées. Pas de végétation, des mirages et la chaleur qui réfléchit au sol. Dans cette cuvette, la chaleur ne parvient pas à s'échapper par le haut et finit par retomber pour mieux exciter le thermomètre. On est juste à l'endroit le plus chaud du monde qui a déjà enregistré des records de température (57°C il y a quelques années). La clim est notre amie. Vraiment. La ballade est belle et il y a étonnamment peu de monde. Les paysages toujours aussi saisissants sous un ciel désormais entièrement bleu. Malgré la chaleur, on s'arrête quand même souvent pour saisir tous ces instants complètement fous. Encore une fois, chaque km est un émerveillement et on hallucine d'être là. On passe par la route de "Artist Drive" qui nous balade dans un dédale de collines de toutes les couleurs. Du beige, du rose, du orange, du violet, du bleu, du vert. Une énorme claque visuelle ! Il y a des espaces aménagés un peu partout pour arrêter les voitures. La bonne organisation à l'américaine.

On finit par quitter le parc national et par prendre la route de Vegas qui n'est qu'à 2 petites heures. Du désert, du désert et encore du désert. On traverse des petites villes (Parhump) très étalées et complètement clairsemées. On se demande qui veut habiter ici, au milieu de nulle part sous 45°, et pourtant... On remarque avec beaucoup d'amusement les immenses panneaux de pub pour le dentiste, l'avocat ou le shérif du coin.

On s'approche de Vegas. Nom d'une crêpe, VEGAS !! Ce qui est intéressant c'est d'y arriver par la route et non pas par avion. La route permet de situer Las Vegas dans son contexte, c'est à dire dans son désert. C'est quelque chose qu'on ne saisit pas bien quand on rentre et sort de cette ville par avion. On se rend aussi mieux compte de l'histoire de la ville et de son développement. Une oasis ultra moderne et déjantée au milieu de.... rien.

A suivre.....

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