43

Il parait qu’on peut avoir 43 ans et que c’est une bonne chose. Alors tant mieux. On m’a dit un jour qu’il fallait savoir se réjouir d’atteindre cet âge, comme tous le précédents et les tous les suivants. Mais je crois que c’est vrai. Moi j’ai 43 ans et 6 mois tout pile et cet article, je voulais le faire à 43 ans tout pile pour raconter mes états d’âme mais j’ai visiblement loupé mon rendez-vous. Alors tant mieux, j’aurai peut-être 6 mois d’expérience et d’enrichissement en plus à raconter. Si seulement l’enrichissement était linéaire… je ne m’étais jamais tellement fait la réflexion… on doit avoir des pics d’enrichissements dans la vie et des relâchements aussi, plus ou moins longs. En tous cas pour moi, j’espère que ces 6 mois font une différence. Bon en vrai je le sais, mais ça c’est une autre histoire.

Alors 43…
Très bien.

Mais 43 c’est quoi d’abord ? Est-ce qu’on peut faire un petit rappel utile ?
43 c’est l’indicatif téléphonique international pour appeler l’Autriche. OK super.
Mais c’est aussi le nombre de lettres dans l’alphabet francophone (si si, en incluant les 17 caractères spéciaux tels que æ, à, â, etc…). C’est bien, c’est joli les lettres.
43 c’est le nombre de triangles que l’on trouve à l’intérieur du Sri Yantra, diagramme mystique hindou représentant le cosmos et le corps humain. J’adore… Mais 43 c’est aussi le département de la Haute-Vienne, une chanson de Level 42 ou encore le numéro de plusieurs autoroutes dans le monde mais ça, franchement, on s’en fout.

Alors si ce nombre n’est qu’une excuse pour parler de moi, allons-y franchement.
J’imagine que je suis obligé de parler d’âge, de temps qui passe, de ce que je laisse derrière moi et de ce qui se trouve devant moi ? Je crois que je ne suis pas très fort pour les bilans, sinon j’aurais été comptable ou médecin. Alors parlons plutôt de jeunesse, celle de l’esprit et celle du cœur, pas celle du corps car celle-là on ne la choisit pas. La jeunesse de l’esprit c’est celle qui nous pousse à rêver, à aller plus loin et à chercher ce qu’il reste à trouver. J’allais dire « je me sens jeune » mais je me reprends tout seul, c’est comme si j’avais besoin de me justifier, comme si j’essayais de me remettre dans une case que j’avais quitté. Si je peux dire quelque chose sur le temps c’est qu’il agit vite et en silence. Un matin on est gamin, le soir même on se retrouve ado. Le lendemain on est adulte (ou on essaie de l’être) et le surlendemain on te classe parmi les parents, les casés et les dépassés. D’une part je refuse les cases, d’autre part cette transition est si lente qu’on peut vraiment se sentir jeune adulte toute sa vie. C’est juste un état d’esprit. A y penser, j’aurais l’impression de mourir si je perdais mon âme d’enfant, si je renonçais à la folie, à mes envies et à mon rire pour le troquer contre une installation définitive dans un confort convenu. J’ai l’impression que je ne ferai ces concessions que jamais.

Alors 43 ans c’est un chemin dont il reste une belle portion à créer.

Je crois qu’on a tout écrit sur les chemins, à propos de leur taille, de leurs directions, de leurs courbes, de leurs inclinaisons, de leurs terrains accidentés, des fleurs qui les bordent et des gens qui les peuplent. Est-ce qu’on peut se faire doubler sur son propre chemin ? Rencontre-t-on parfois des personnes allant en contre-sens ? Pourquoi certains y entrent, pourquoi d’autres le croisent et pourquoi d’autre le quittent trop tôt ? Est-ce qu’on a vraiment la liberté de décider de son chemin, est-ce qu’on doit plutôt se laisser porter ou est ce que l’on doit décider de sa destination ? Sacrées questions mais en tous cas moi je l’aime mon chemin, je l’aime terriblement pour tous les gens qui le composent et l’ont composé, pour le bonheur qu’il m’a procuré jusqu’à présent et pour la chance qu’il m’a donné d’avoir rencontré tant de bonnes personnes.

Et finalement à bien écouter ce nombre, « 43 »… il ressemble à « croire en toi » et franchement ça me va. Alors croire en soi avant tout, compter sur soi, un peu sur les autres, aller de l’avant en aimant les gens et en leur rappelant à quel point rien n’est beau ni possible dans la vie sans amour. Bon voyage.