Robson 40°20'S, 10°0'W 350 km South East of Tristan da Cunha

26Mar/160

Exceptionnel

La vie réserve des surprises. Celle-ci en est une très mauvaise. Hier soir notre chat fétiche est mort. Bêtement. Douloureusement. Percuté par une voiture qui n'a même pas eu la décence de s'arrêter.

Nous avons tout fait pour le sauver, tout fait pour qu'il vive encore auprès de nous et vice versa. Tout fait pour profiter encore de son caractère souple et de son pelage si doux. Minou était un membre de la famille, aussi beau que tendre, aussi agréable que placide. Le matin il venait tartiner nos fenêtres pour qu'on lui ouvre la maison et qu'on lui verse son petit bol de croquettes. Il venait ensuite nous voir à la table du petit déjeuner pour sentir les odeurs et observer ce qu'il s'y passait. Si aucune chaise haute n'était disponible il tentait une intrusion sur nos genoux ou dans notre dos ; on ne sait jamais qu'on ait une lichette de beurre pour lui...

Ce chat faisait partie de la famille au sens propre du terme car il participait à notre vie sans la polluer. Il aimait dormir, il aimait tellement dormir. Il dormait en journée dans les lits des enfants, dehors ou par terre dans une chambre et lorsque les enfants étaient là avec lui c'était encore mieux. J'ai encore cette image datant d'il y a 2 semaines où Minou dormait par terre dans la chambre de Nath, à 20cm de la radio qui hurlait ses chansons et à quelques mètres de 2 enfants bien bruyant. Mais il aimait ça, il aimait les endroits vivants et il était la contrepartie silencieuse d'un monde animé. Les enfants ont grandi avec lui, ils ont profité de lui et inversement. Minou était si doux, si gentil et si patient avec eux. Il se laissait porter, trainer, coiffer, habiller, tirer la queue et bien d'autres gentils sévices encore. Les enfants vont être catastrophés mais on aura tous ces beaux souvenirs d'un chat tout simplement exceptionnel.

Comment dire que c'était le chat idéal ? Il était beau, miaulait peu, ronronnait dès qu'on s'approchait à moins de 30 cm de lui, il se laissait faire, était câlin et venait souvent s'installer avec nous sur le canapé, pour ne pas dire sur nous. Il se jetais par terre et attendait à nos pieds pour nous demander à manger (quelle délicatesse rare !) et il adorait qu'on lui caresse le ventre les 4 fers en l'air... Il était notre boule anti stress, notre gros nuage ambulant, notre refuge câlin et douceur quand on en avait besoin. Bref c'était une crème, une pâte comme on dit. Un vrai amour de chat et un compagnon de vie comme on les aime, pour la justesse et l'équilibre qu'il a trouvé en creusant sa place auprès de nous.

On est si triste pour cette fin de vie qui lui a été imposée et qu'il ne méritait mais alors vraiment pas. Mais on est si heureux d'avoir partagé ces 4 années auprès de lui, si heureux d'avoir découvert cet animal rare, si heureux d'avoir eu sa compagnie douce et tranquille. Il restera dans notre cœur comme le meilleur tout simplement.

4Août/140

Kokopelli

Day 20

Ce matin on prend un peu notre temps. On reste ici deux nuits, il faut en profiter pour se reposer un peu. Et puis, même si on est de retour en Arizona, on n'a pas récupéré l'heure qui nous était due car on est dans une réserve indienne. C'est compliqué, il faut suivre ! En territoire amérindien, on n'a pas non plus droit à l'alcool à cause des ravages historiques de la boisson sur la population. Alors on sert de la bière et du vin sans alcool. Du vin sans alcool c'est du jus de raisin non ? Bon, pas qu'on veuille boire dès la matin mais une bonne mousse en fin de journée c'est quand même sympa...

Bref, ce matin on y va tranquille. Après le p'tit dej on part découvrir le Canyon de Chelly (prononcer Canyon de "ché") dont l'entrée se situe à... moins d'un km de l’hôtel. On est vraiment à pied d’œuvre ! On grimpe en voiture sur cette mesa séparée en 2, dans le sens de la longueur, par une faille qu'on dirait taillée au poignard. Sur le dessus du plateau, les roches sont plutôt claires et les reliefs quasi inexistants alors que les méandres du Canyon sont rouge, rocheux et profonds. Le fond de la vallée est habité ; on y voit quelques cabanes et quelques terres cultivées parmi les arbres et la végétation. Le plateau est plus largement habité. Navajos et Hopis se partagent les lieux. Il s'agit de petites baraques planquées dans la brousse. Il y a des gens qui habitent ici, on est sur leur terrain de jeu, presque dans leur jardin. Tous les guides touristiques nous disent qu'il ne faut pas prendre les gens et les maisons en photo. Je comprends, je n'aimerais pas qu'on photographie ma maison pour montrer comment les petits Français vivent en France... On respecte cette consigne.

Il fait bon et beau, ça fait du bien. On s'arrête aux différents point de vues qui surplombent le canyon. Des Navajos nous attendent ici encore avec des stands remplis de bijoux, de poteries et de dessins. Pour une fois, ils nous parlent et nous "vendent" leur créations ; assez bien d'ailleurs. Tellement bien même qu'on leur achète quelques jolies choses. L'endroit est joli, le souvenir n'en aura que plus de valeur. On continue jusqu'au point de vue de White House et on se prépare pour une petite randonnée au fond du canyon. On descend dans la vallée par un petit chemin de terre qui serpente le long du précipice. Il fait chaud mais la descente est agréable. Au fond de la vallée il n'y a pas d'air, on a l'impression que seul le soleil parvient à nous atteindre. Il y a aussi un peu d'eau visiblement mais pas aujourd'hui. On poursuit la marche jusqu'au point d"intérêt : un groupe d'une dizaine de "maisons" dans un cavité de la falaise. Quelque "pétroglyphes" sont gravés dans la pierre, un roadrunner (bip bip), un scorpion et Kokopelli, le faiseur de pluie, symbole de fertilité. Dans le Canyon de Chelly, il n'y a quasiment personne en comparaison aux jours d'avant. On est seuls et ça fait du bien !
Après le déjeuner on entame le chemin du retour. Ce n'est pas la même histoire qu'à l'aller ! Ça monte, ça monte et il fait CHAUD !! Il n'y a pas un gramme d'air et je commence à comprendre le sens du panneau vu la veille dans le lobby de l'hôtel. On s'arrête toutes les 5 minutes pour souffler et pour boire. La montée est difficile mais on finit par retrouver le sommet et ses précipices magnifiques.

Il n'est que 15h et il est encore temps de poursuivre la visite mais en voiture ! On trouve un autre point de vue où l'on essaie encore de nous vendre des bricoles. Cette fois-ci ça commence a faire, on esquive gentiment devant l'insistance des vendeurs. On joue avec le précipice et on prend quelques photos de bord de falaise. Ça donne des frissons à tout le monde...

Comme on a bien bossé, on décide de finir la journée en mode plaisir, c'est à dire à la piscine de l'hôtel. On y passe 2 bonnes heures avec les enfants, à faire n'importe quoi. L'eau est vraiment chaude, c'est agréable. Caitlin ne claque pas des dents et ça c'est un vrai signe de chaleur ! Les enfants continuent leur apprentissage de la natation et apprennent à garder leur souffle sous l'eau pour aller chercher un objet au fond de la piscine.

Le soir, on s'autorise une petite bière dans la chambre (entrée en contrebande, oulala) puis on retourne au restau de l'hôtel qui nous sert un repas vraiment nase. 45 minutes d'attente et de la nourriture indigne du moindre restau, même aux US. C'est vraiment le moins bon repas de toutes nos vacances, un vrai record !

Day 21

On quitte l'hôtel vers 10h et on part faire une coursette au supermarché du coin histoire de ne pas mourir de faim en route, on ne sait jamais ! Ici on est en super minorité, ça fait bizarre de se retrouver dans la peau du blanc de service. Je pense aux personnes qui se trouvent dans cette situation parfois en France, ça fait toujours du bien de se mettre un peu dans la peau des autres. Dans les allées du supermarché et au dehors, je suis véritablement choqué par la pauvreté de la population. Je me fais accoster une fois à l'intérieur et une autre à l'extérieur. On me cause deux minutes histoire de savoir d'où je viens et à la troisième on me demande quelques dollars, un peu d'aide, un sac plastique... C'est dur. Il faut dire qu'il n'y a rien dans le quartier, pas d'activité, pas d'industrie, visiblement pas d'agriculture. Du coup ça me rend triste et je me dis que des petites villes comme celle-ci il doit y en avoir pas mal dans le coin. Les Amérindiens restent entre eux, quitte à ne rien faire ou vivre de petits business. A moins que ce ne soient les "blancs" qui les aient parqués ici pour les stocker quelque part. Mais pourquoi n'y a-t-il pas d'industrie ici ? Pourquoi ne voit-on pas ici un développement comme ailleurs ? Les gens d'ici ne sont pas plus bêtes que le ricain moyen alors pourquoi est ce que l'ascenseur social semble ainsi cassé ?

On prend la route du parc de Petrified Forest, tout au Sud. On passe par des plaines encore incroyablement vastes et très peu habitées. Un vrai régal dont on ne se lasse pas. Pour moi c'est vraiment ça l'Amérique, plus encore que les parcs nationaux ou que les grandes villes. J'en prends plein la vue et je profite de chaque km. On profite tellement qu'on prends la mauvaise route... Alors que faire ? Revenir en arrière et perdre du temps ou essayer de trouver un moyen de rallier la bonne route ? On opte pour l'option 2 en empruntant une route de terre, une route Navajo qui coupe la pampa sur... 30 km ! On est équipés et la route n'est pas trop mauvaise... On profite du paysage et on réalise notre chance de parcourir des collines qu'on aurait ignoré si on ne s'était pas trompés de route !

On finit par rallier le parc de la forêt Pétrifiée qui s'ouvre tout d'abord sur Painted Desert. Des collines en contrebas, très dentelées, très basses et qui virent du rouge au blanc en passant par le gris et le rose. Quelle beauté sous ce ciel bleu, quelle finesse et ce jusqu'à l'horizon. On poursuit la route pour arriver enfin aux premières forêts pétrifiées, en fait des lieux de sédimentation où ont été enfouis de grands arbres charriés par les rivières il y a des millions d'années. Entourés par l'argile, ces arbres ne se sont pas décomposés et se sont laissés envahir par la silice présente dans le sol. Le résultat, ce sont d'énormes silex de la forme des troncs, des branches et du bois d'alors. On voit tout : l'écorce, le veinage du bois, les nœuds... C'est impressionnant ! Il y a même des petits copeaux de bois, pardon, de pierre partout, c'est à s'y méprendre. Évidemment il est interdit de ramasser et de collecter du bois pétrifié pour des raisons évidentes de sauvegarde du patrimoine. On ne ramasse que 6 minuscules morceaux, vraiment histoire de dire. Et il y en a tellement ! Mais bon c'est un principe qu'il faut respecter (il y a même des coupons de délation pour dénoncer les voyous qu'on surprendrait à piquer du caillou !).

Après une pause dej / salade on sort du parc sans encombre, non sans craindre la fouille au poste frontière. Les nuages s'accumulent méchamment, il faut dire qu'il est 16h et qu'on n'a pas encore eu notre dose de flotte quotidienne... Juste après la sortie, les magasins de bois pétrifié se font concurrence, il y en a partout ! Ils ont leur arrière cour remplie de bois fossilisé, il y en a des tonnes, des dizaines de tonnes ! Du caillou au tronc entier il y en a pour toutes les bourses ! C'était bien la peine de nous saouler avec des panneaux d'interdiction, à l'extérieur du parc, le bois pétrifiés sert même de plots pour délimiter certains parkings ou bords de route. Ça démystifie un peu le concept...

On roule désormais dur la mythique Route 66 ! Enfin la route 66 historique qui se transforme ensuite en une multitude d'autres noms en fonction de la zone ou du tronçon de route. Bref on est sur la 66 et tous les motels en jouent, du plus classe au plus pourri (en passant par les motels fantômes abandonnés). C'est génial, "66" et une marque de fabrique, un filon inépuisable à mettre à toutes les sauces et les motels, les diners, les boutiques pourries et autres fast-foods, c'est pas ce qui manque par ici.

17h, il ne fait plus beau du tout. On passe devant le site de Meteor Crater dont on décide de remettre la visite à demain pour mieux profiter du désormais traditionnel beau temps matinal. Choix avisé ou non, on le saura demain... En attendant on poursuit la route vers Flagstaff, notre étape du jour. La pluie s'invite. Décidément on a le chic pour arriver à nos motels sous la pluie battante... On parvient à localiser notre motel parmi les 26543 autres que l'on trouve ici sur le bord de la Route 66 et on fait le check-in. Perdu ! A cause de l'orage, les systèmes informatiques sont à terre et l'on doit patienter. DIS DONC ! On nous aurait pas déjà fait le coup il y a 3 jours à Moab ? C'est le destin ! On part donc boire un coup en ville.

Le centre ville de Flagstaff est un joli petit bourg situé au pied d'une montagne faisant partie d'une ancienne chaine volcanique. Une douzaine de rues se croisent à la perpendiculaire et abritent des petits commerces allant du restau au magasin de sports d'hiver en passant par la boutique de fringues indonésiennes. Ici c'est assez "in", assez jeune et tendance. La montagne n'est pas loin et c'est un lieu très occupé l'hiver. A noter aussi que l'une des plus grandes voies de chemin de fer ralliant l'Est à l'Ouest traverse la ville. C'est la BNSF (Burlington Northern and Santa Fe) qui passe ici et les trains qui empruntent ces voies valent le coup d’œil. Que l'on soit amateur du genre ou non, on ne peut rester indifférent face à des convois de plus de 2km, parfois 3 ! C'est incroyable. Les containers sont entassés les uns sur les autres et il y a littéralement des centaines de wagons. Les michelines font un bruit effroyable et la terre tremble à leur passage. La nuit va être calme, la voie n'est qu'à 150m de l'hôtel !

Pour nous remettre de nos émotions, ce soir on va manger au Galaxy Diner, un vieux rade des années 70 où l'on mange des steaks frits, où l'on boit des milk shakes et où l'on danse au son d'un bon vieux jukebox oldschool !

(les photos demain...)

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1Août/140

Mesa Verde

Day 19

Ce matin j'ai une mission : trouver des billets pour les visites guidées du parc de Mesa Verde. Il parait qu'elle sont populaire et qu'il faut les acheter 48h à l'avance. Du coup je règle mon réveil pour 7:30, histoire d'arriver à l'ouverture de l'office de tourisme. Cortez est une ville visiblement assez modeste, tant au plan de la superficie que du niveau de vie. A 8h du matin il y a de la vie, certains font même de la course à pied. J'essaie de transposer ma vie ici. Difficile à imaginer... J'achète mes billets pour les visites de 11h et 12H et je rentre réveiller les vacanciers. Même si Cortez est au pied de Mesa Verde, il y a une bonne heure de route jusqu'au fond du parc où toutes les visites se passent. Hop hop hop, on plie bagages vite fait bien fait et on s'arrête à la station essence pour du café, du thé et du chocolat chaud bizarre (avec une sorte de mélange vanille / caramel). Le petit dej se passe en voiture alors que l'on fait route vers le parc.

Mesa Verde est un haut plateau perché à 7000 pieds d'altitude. Cortez est dans la plaine ; la montée est sévère. Comme d'habitude, on cherche les ours dans les sous bois, à l'horizon et sur les versants opposés mais rien, toujours rien... La route sinue et nous offre une vue imprenable sur la plaine. Comme son nom l'indique, la "mesa" est bien verte, il y a de la végétation partout. Du buisson, des arbustes mais aussi quelque arbres et notamment des genévriers dont se servaient les premiers habitants des lieux. Après avoir serpenté sur les sommets de cette montagne plate, on arrive au petit parking surplombant le village troglodytique de "Balcony House". Un ranger tout maigre nous prend en charge au sein d'un groupe d'une vingtaine de personnes. Il nous explique les consignes de sécurités puis commence à nous raconter la vie des Indiens Anasazi qui se sont installés ici aux alentours de 1200. Ces peuples étaient établi dans la région et notamment sur Mesa Verde depuis 600 mais ils s'étaient contenté des sommets et ne s'étaient jamais installés à flanc de falaise. Les Indiens Anasazi (qu'il faut appeler "Ancient Pueblo people" ou "Pueblos" car "Anasazi" veur dire "anciens ennemis" en Navajo) vivaient de la chasse mais surtout de la culture du maïs qu'ils faisaient pousser sur le plateau de Mesa Verde. Vers 1200 (avant de quitter brusquement la région pour une raison qui reste encore assez mystérieuse) ils se sont mis à se réfugier dans les cavités des falaises et à y construire des villages entiers.

On descend avec le ranger tout maigre qui nous explique tout ce que l'on sait du mode de vie de ces Pueblos. C'est fascinant. Pour atteindre le petit village de "Balcony House" on descend des escaliers en fer avant de se hisser sur des échelles de bois. Le village est très bien conservé, on voit encore les traces de suie au plafond, quelques dessins et surtout les nombreuses pièce / chambres du village. Un sacré bond en arrière. J'essaie d'imaginer. La visite dure une heure et l'on enchaine avec une seconde visite : le village de "Cliff Palace". Comme son nom l'indique, c'est l'un des lieux les plus vastes et les plus spectaculaires du coin. Environ 6000 Pueblos vivaient sur Mesa Verde à l'époque mais seulement une centaine de personnes occupaient les 150 pièces disponibles. Un petit village incroyablement bien conservé, qu'on peut approcher de près mais qu'on ne voit pas en détail (pas de visite des pièces elles-mêmes ou des différents "quartiers" pour préserver ce site fragile). L'endroit est reculé, loin de tout mais magnifique. On imagine aisément le mal qu'on eu ces hommes à tailler la pierre pour fabriques ces "briques", à les ramener sur place, à fabriquer le mortier avec du sable et de la glaise puis à assembler le tout. Un travail de titan et d'ingénierie hors du commun. A voir comment les abrutis de Koh-Lantah se débrouillent pour monter une pauvre cabane en brindilles et feuilles de bananiers, ces Pueblos était des maîtres à l'oeuvre !

Pendant la visite, le ciel se couvre, les éclairs se dévoilent et le tonnerre gronde. Sympa. On va peut être se faire foudroyer sur ce creux de falaise et crever comme des mouflons. On quitte les lieux après la visite et on s'installe pour pic-niquer. Dommage, la pluie s'invite.Un peu, beaucoup, beaucoup trop. Les gouttes énormes nous font fuir et chercher un abri. On se prend un sacré grain sur la route du Musée. Vent, éclairs, tonnerre, grêle. Ici la météo ne plaisante pas et ne fait pas dans le demi-ton. L'orage passe, on visite le musée (intéressant) sur les chapeaux de roues puis on part déjeuner en bord de route, sur une aire de pic_nique qui surplombe la plaine. La vue est superbe, les brocolis sont délicieux ! Ce midi on a de la salade, des carottes et du brocoli !! C'est génial. Vous qui avez accès aux courgettes et à la feuille de chêne, vous n'avez pas idée à quel point les bons petits légumes nous manquent ! Un peu de sauce salade et ces petits légumes à croquer, c'est parfait ! Après déjeuner on redescend de ces plateaux verdoyants, on traverse Cortez pour la dernière fois et on file vers le Sud Ouest en direction du Canyon de Chelly.

A peine sortis de la ville, on constate qu'ici c'est le désert. C'est pas comme si on avait fait 20 km, on n'en a parcouru que 2 !! Quand on arrive à Cortez par le Nord, c'est l'abondance de l'agriculture. Quand on quitte la ville par le Sud, c'est le vide du désert. Incroyable. On roule un peu avant d'arriver au prochain "point de vue" : 4 corners. Il s'agit de l'intersection de l'Utah, du Colorado, du Nouveau Mexique et de l'Arizona. Ces 4 états sont carrés et forment ensemble un plus grand carré. Nous on est au milieu de tout ça ! On arrive à l'endroit en question et là où je m'attendais à trouver une sorte de stèle, une rose des vents, une boussole ou que sais-je, c'est une cahutte que j'aperçois. Et sur cette cahutte, il y a écrit "5$ par personne". Payer 20$ pour faire la queue derrière d'autres touristes qui s'écartèlent pour mettre leurs pieds et leurs mains dans 4 états différents pour la photo souvenir, non merci ! On fait demi tour et on passe notre chemin. Dommage !

On continue notre route au milieu de nulle part, comme d'habitude. La musique est bonne, le temps agréable. On est suivis par un gros camion qui nous colle alors que je respecte les limitations de vitesse. Je pense de suite au film "Duel". Aïe... On croise au beau milieu du désert un centre médical avec plusieurs logements associés (il n'y a pas de ville ou de village à 20 miles à la ronde, c'est quoi ce délire ?). Bien plus tard on passe devant un groupement de 10 maisons organisées autour d'une allée bitumée. Mais rien autour, que dalle ! Franchement on voit ici des choses étonnantes. Et puis on passe devant deux ou trois "trading posts" anciens lieu de troc entre tribus indiennes aujourd'hui devenus de simples "stores" où l'on vend des snacks, des bonbons et de la glace... En levant un peu les yeux, on se rend compte qu'on voit à des kilomètres à la ronde, à 360° ; encore unes de ces visions incroyables de l'Ouest américain. Le ciel nous propose toute une palette d'options météorologiques. On a du stratus, du cumulus, du cumulo-nimbus, on a du ciel bleu, on a du soleil, on a du ciel voilé et quelques endroits où il pleut (fort visiblement) et ce, au même instant, dans le même ciel.

On regarde le GPS et on doit tourner en direction ... roulement de tambour ... du plus gros et plus proche nuage tout noir. Décidément on est abonnés. On quitte donc le ciel bleu pour le gris, puis le noir. Ça contraste joliment avec le sable orange qui nous entoure désormais, c'est presque esthétique. Dans la masse de gris qui se dresse devant nous, il y a du rose / orange qui se forme. Et de plus en plus clairement. On s'arrête, on observe. C'est une tempête de sable qui grossit. Et c'est notre direction évidemment. On entre dans cette zone balayée par des vents chargés de sable. La visibilité est réduite et le sable serpente d'un côté à l'autre de la route. Il y a des habitation éparses (on est en pleine réserve indienne), quelques animaux, un hameau. Et tout ça sous le sable et la poussière orange. C'est une vision très étonnante et bien dépaysante ! A la sortie de cette tempête de sable, on aperçoit une petite tornade qu'on traque comme les chasseurs de tornades. On la filme, elle nous vient en plein dessus et passe exactement à l'endroit ou on est arrêtés. Bam, la voiture est secouée 1 seconde et la tornade passe. Tout le monde est ravi et on continue la route. Immédiatement après cette tempête de sable, c'est la pluie qui nous tombe dessus. Des seaux d'eau, des éclairs, du vent. On est secoués dans tous les sens et la pluie est vraiment violente. On n'a plus que 30 minutes de route qu'on finira sous une pluie battante.

L'arrivée à Chinle est loin d'être impressionnante. En laissant la météo de côté, on voit la pauvreté des lieux aux habitations éparses qui bordent les routent. Il s'agit principalement de mobile homes sédentarisés, posés dans un champ de poussière (ou de boue, au choix), entourés de quelques bouts de clôture, de bric-à-brac et de bazar. En général entre 2 et 5 véhicules plus ou moins délabrés sont garés aux abords des maisons. Il n'y a rien ici ou en tout cas rien de bien bon, la vie a l'air simple et dure.

On continue jusqu'à l’hôtel, un Holiday Inn tout confort, une sorte de radeau de survie 3 étoiles au milieu de cet endroit déprimant. On sort de la voiture sous des trombes d'eau. Un panneau à la réception nous prévient, ici il fait chaud et sec, il faut penser à s'hydrater. C'est ça on va y penser...

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31Juil/141

Moab

Day 17

On prend un peu notre temps ce matin, le soleil brille de nouveau. Pendant le petit déjeuner on observe les colibris qui viennent butiner une mangeoire à eau sucrée. C'est rare et ravissant. Ici ça pullule de colibris, il y en a partout ! Comme les Français. Je le disais dans l'un de mes précédents articles, mais là ça vire à l'invasion, c'est vraiment désagréable. Nos voisins de chambre sont Français, nos voisins de table aussi, ainsi que les gens qu'on croise dans les magasins, au restaurant... On veut du dépaysement !! Bref en ce mardi matin on laisse tous nos compatriotes partir et on profite de la piscine. On est seuls (avec les colibris) et les enfants font les fous dans l'eau et je leur apprends à plonger. Il ne nagent sans brassards que depuis 10 jours, il ne faut pas trop leur en demander !
On file du motel pour visiter le "fort" de Bluff, en fait la reconstitution du campement des Mormons qui sont arrivés ici début 1900. Les cabanes sont intéressantes à visiter et donnent un bon aperçu de la rudesse de la vie de ces "pionniers". Un magasin propose beaucoup de souvenirs locaux (dont des bibles, des DVD et des artefacts religieux à la gloire de vous savez quelle église). On repart sans rien et on retourne déjeuner au Twin Rocks Café (celui qui sert le pain frit Navajo, gras, croustillant et délicieux). On comprend enfin comment les choses fonctionnent au restau dans ce pays. On prend 2 plats adulte qu'on se partage à 4. C'est l'équilibre parfait. Par contre je ne me fais toujours pas à l'obsession des serveurs pour l'eau glacée et pour le débarrassage instantané des assiettes. Franchement ils ne nous laissent pas avaler la dernière bouchée, c'est agaçant ! Comme si la vue d'une assiette sale était vraiment incommodante pour les clients. Alors que pour nous Français c'est le signe agréable d'un repas terrassé. Une autre chose qui me dépasse aussi c'est l'empressement des serveurs à nous amener la note. Souvent même avant de nous proposer des desserts. On se serait bien laissé tenté par une sucrerie, au pire on n'aurait fait que parcourir la carte des "desserts" mais non. C'est direct la note agrémentée d'un "take your time". Prenez votre temps mais maintenant c'est l'heure de payer et de vous barrer.

Bref on quitte Bluff vers 15h sous un ciel. Je promets que c'était vers 15h et que je dis la vérité ! On prend la route vers le Nord-Est en direction de Arches National Parc. On fait quelques Km et au détour d'un virage on voit un ciel noir à l'horizon. Pire qu'hier. Une masse sombre à faire peur et évidemment on se dirige droit dessus. On remarque des petites tornades aux alentours et des éclairs immenses. Ca va barder. On rentre dans l'orage et on conduit sous des trombes d'eau. Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu tant d'eau, les gouttes semblent énormes et je n'y vois pas à 30 mètres. Une pluie lourde nous suit jusqu'à notre arrivée à Moab, paradis des trekkers, rafters, mountain bikers et autres grimpeurs. On arrive à l’hôtel très tôt, vers 16h30 mais il pleut tellement qu'on n'a pas la moindre idée d'où on est. Les éclairs tombent tout près et le tonnerre éclate instantanément. iiich. On nous apprend à l'accueil qu'une panne d'électricité nous empêche de prendre possession de la chambre et du coup on en profite pour aller visiter les alentours. On part sous la pluie et à 10/15 minutes de marche découvrir une cascade qui ne coule que les jours de pluie. Autant dire qu'aujourd'hui elle a du débit ! On se trouve juste en dessous de la cascade ; quelques américains se placent sous la chute d'eau et hurlent. Ils doivent vraiment manquer d'eau ici... L'un de ceux qu'on croise n'a pas l'air net du tout, il a un œil au beurre noir et l'arcade blessée. Je lui souris, c'est que je n'ai pas envie de finir ma vie ici, dans ce sous bois paumé d'un bled de l'Utah... On finit par revenir à l'hôtel et à rentrer dans la chambre, finalement bien plus classieuse que prévu. Après un tour à la piscine, on part diner dans un grill à la carte intéressante. Au menu : pain de viande de buffle, ragoût d'élan et ribs grillés.

Day 18

Le soleil est déjà levé à Moab et ça fait du bien après tous ces épisodes pluvieux ! On plie bagages et on file vers Arches après un petit dej léger. L'arrivée dans le parc me fait penser à Monument Valley : des pierres rouges, dressées ça et là, des formes diverses et étonnantes. Ces roches sont un peu comme les nuages, on peut y voir différentes choses et fonction de son point de vue et de son imagination. Une main, un animal, un visage, un profil... C'est vraiment très joli. Ces colonnes souvent surmontées d'un ridicule caillou (quand il ne s'agit pas d'un chapeau) me font penser à des totems. On parcourt le parc en voiture selon un itinéraire établi et je suis agréablement surpris par le peu de monde qui nous précède. L'endroit me semble vaste et bien pourvu en points de vue. Les formations rocheuses se regroupent en sites assez distincts qu'on peut visiter un à un. Nous on va tout au fond du parc selon la vieille technique Apache du "va au bout, tu verras bien". On part faire une marche à la recherche de quelques jolies arches. On marche sur un chemin (avec quelques autres touristes bien sur), le paysage est aussi beau que le temps. Des colonnes de roche se dressent à gauche et à droite, on admire ce que la nature a mis des milliers, des millions d'années à sculpter. Après une première arche en pierre, on arrive au pied d'un pan escarpé. On décide de continuer entre hommes cette petite randonnée. On gravit les roches très escarpées et on arrive tout en haut pour découvrir un panorama hors du commun. On voit presque à 360°, quelques nuages blancs moutonnent à l'horizon. Je resterais bien la haut une heure pour profiter de la vue exceptionnelle et du calme mais j'ai peur que les filles s'inquiètent de notre absence. J'aurais également bien aimé continuer la marche vers d'autres arches moins accessibles et donc moins touristiques mais on n'a pas le temps... Une autre fois peut-être. On repart et on s'arrête plusieurs fois pour admirer la diversité des couleurs de certains vallons, de certaines collines. On finit notre visite par les "Windows", ensemble d'arches magnifiques et accessibles de près. On gravit des escaliers pour les atteindre et on se campe en dessous pour en admirer la grandeur. L'énorme arc de pierre qui se trouve au dessus de nos têtes nous procure une ombre bienvenue. On se pose un moment pour profiter. On reprend l'unique route, en sens inverse, pour sortir de ce lieu fabuleux.

Il est presque 16h et il fait faim. On se rend au Moab Diner que l'on avait repéré hier sur Main Street (il y a toujours une "Main Street" dans les villages américains !). On entre et c'est comme dans mes rêves de "diners". Des petites banquettes face à face un peu partout, quelques néons et des serveuses qui passent aux tables avec une carafe de café à la main. Ils servent les petits déjeuners à toute heure. Du coup on se commande un mix de pancakes, de toasts beurrés, d’œufs au plat, de sandwich, de bacon, de patates, de poivrons.... Un déjeuner/goûter consistant, savoureux et authentiquement américain. Puisque l'endroit fait aussi "ice cream bar" on en profite pour commander 2 boules par adulte, 1 boule par enfant. On n'apprend décidément pas de nos erreurs... Les boules sont ÉNORMES. D'ailleurs ce ne sont pas des boules, ce sont des talochées, des blocs, des pâtés de crème glacée. Non content de remplir le pot plus qu'à rabord, le serveur récidive et nous double la quantité. Rocky Road + Peanut Butter Scotch, ça va faire mal... Culinairement / nutritionnellement parlant ce repas est un massacre. La St Barthélémy de la bouffe, mais bon... Je parviens tant bien que mal à finir ma glace mais ça a été franchement dur. Et puis je n'aime pas gaspiller. Autant dire que ce soir c'est un raisin et au lit !

On prend la route, plombés comme des parpaings, en direction du parc de Mesa Verde. En chemin on voit de nouveau le paysage se transformer rapidement. C'est vraiment incroyable cette diversité ! On quitte l'Utah et on entre dans l'état du Colorado. Il n'y a plus de désert, plus le moindre. A la place ce sont des hectares de cultures, notamment de blé, de luzerne et de haricots. On a croisé beaucoup de magasins de "beans", c'est rigolo. On voit des fermes, des silos à grains, des canaux d'irrigation. Tout est vert ici, tout est cultivé, à une heure de Moab... On finit par arriver à Cortez, notre lieu de villégiature d'un soir. Flore nous a réservé un motel... comment dire ? Premier prix ? Je pense que c'est le pire endroit qu'on ait connu jusqu'à présent 🙂 C'est loin d'être horrible mais l'endroit est plutôt vétuste. Nos voisins ne sont plus Français, mais en majorité hispaniques et pas franchement du type touriste ; on diraitplutôt de vieux routiers. Sympa ! L'odeur de la chambre n'a d'égale que les nombreuses traces de cigarettes sur le bord de l'évier de la SDB. Tout va bien ! Allez on ne reste ici qu'une nuit. La suite demain...

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30Juil/140

Monumental

Day 16

Ce matin on se lève tôt pour aller visiter Horseshoe Bend qu'on nous a chaudement recommandé ; ce n'est qu'à 10 minutes d'ici. Le réveil sonne à 7H30, l'objectif c'est de partir dans 30 minutes. Je n'arrive à lever personne, du coup je décide de partir seul. Dehors il fait déjà jour et je me rends vite compte (je vous épargne le détail du comment) qu'il est non pas 7h40 mais bien 6h40 (mais à quelle heure se lève le jour ici ?!?). Je fais mes 10 minutes de route et 10 minutes de marche supplémentaire pour arriver sur les lieux. Il n'y a que très peu de monde dans ce coin de désert et l'on découvre un précipice au fur et à mesure que l'on s'approche, jusqu'à atteindre le vide. Je me tiens devant un trou béant. Au fond, une petite rivière aux tons bleus / vert dessine un demi-cercle autour d'une immense masse de pierre, d'où le fer à cheval... Le vide est immense, le précipice vertigineux. Je suis tout au bord, c'est assez effrayant et je surveille mes arrières, ce serait quand même bête que quelqu'un me pousse ici. Le danger me rend un peu parano... Je reste là un bon moment pour apprécier la vue, la profondeur et les couleurs. Malgré 3 excitées qui se prennent en photo au bord de la falaise à quelques centaines de mètres, l'endroit est calme et inspire la tranquillité. Je repars retrouver les dormeurs, il fait déjà très chaud en revenant à la voiture et il n'est que 8h...
On part du Knights Motel vers midi après avoir fait une lessive et quelques courses. On quitte Page en direction de l'Est, aujourd'hui on visite Monument Valley.

La périphérie de Page est toujours aussi jolie avec une terre sablonneuse et rouge, des étendues pelées quasiment sans végétation et des dômes de "sandstone" faits de sable compressé et érodé. On ne parcourt qu'une vingtaine de Km avant que le paysage ne change radicalement (la diversité et la concentration des différents paysages sont étonnantes ici). On passe du rouge au beige et du désert à une sorte de maquis assez verdoyant. On est toujours en plein pays Navajo et pourtant on se croirait à des centaines de Km de notre point de départ. Les routes sont toujours rectilignes, souvent jusqu'à l'horizon et divisent en deux le nulle part que l'on traverse. Ce nulle part est sublime, il est vaste, il est géant mais c'est vraiment nulle part. Dans l'ouest américain, entre deux villes, la présence de l'homme est très peu marquée et c'est tant mieux. En France on ne connait pas ça, on voit toujours une maison ou deux, une propriété paumée ou au pire un champ. Ici, on peut faire de très longs moments de route sans croiser d'autre civilisation que les voitures venant en sens inverse. C'est dingue. On avance donc en territoire "indien", on tente une piste "offroad" avant de rebrousser chemin et on déroule des miles d'asphalte. On quitte l'Arizona et on retrouve l'Utah (+1 heure). Il fait beau, c'est parfait. Pas pour longtemps... Tout comme les paysages, la météo ici peut changer du tout au tout, en un instant. Quelques Km avant Kayenta, le temps passe à l'orage. On voit au loin une masse sombre qui déverse des rideaux de pluie impressionnants. Évidemment c'est par là qu'on se dirige... Le ciel passe du bleu au noir et on se retrouve sous l'orage. Pas cool, on est tout près de Monument Valley. La tuile... On avance tout doucement dans cette quasi pénombre et on aperçoit les premières ombres des monuments qu'on vient admirer. On repassera pour les nuances, les couleurs et les contrastes... Enfin façon de parler, on n'a pas prévu de revenir par ici... On prend notre temps en espérant que le grain passe et laisse place au soleil ; c'est quand même pas de veine. On s'arrête en bord de route histoire d'acheter quelques babioles d'art local (Navajo) aux enfants (un attrape rêve et une flûte) et de manger un morceau. On tenterait presque une petite danse du soleil improvisée. Allez pitiééééé.

La pluie s'arrête. Il y a de l'espoir. On tente l'entrée (payante) au parc et on se retrouve enfin à portée de l'une des visions les plus mythiques des États-Unis. Celle des westerns, celle de beaucoup de films ou de couvertures de livres. Les fameuses "mitaines" se dressent là, juste devant nous, parmi d'autres formations rocheuses spectaculaires. On a vraiment de la chance. De nouveau, le paysage est immense et la plaine se déroule à perte de vue. On imagine les lieux avant que l'érosion ne fasse son œuvre, à l'époque où ces énormes masses rocheuses étaient en terre. C'est impressionnant. On remonte en voiture et on prend la piste de terre qui va nous amener au plus près des "monuments". Une bonne heure de tohu bohu sur un chemin bien chaotique ! Heureusement que la voiture est haute... On en voit certains se risquer ici avec leur Mustang, c'est de la folie ! On lève les yeux et on admire ces immenses blocs de roche rouge travaillés par l'érosion. C'est étonnant de voir en vrai ce qu'on a vu cent fois sur le papier, on a forcément une impression de déjà vu mais être là et surtout arriver à situer le lieu, c'est magique. C'est sous un ciel de nouveau menaçant que l'on quitte cette vallée, non sans se retourner une dernière fois. Il est déjà 17h et on a encore de la route !
On quitte rapidement le rouge et l'ocre pour trouver les sables, les beiges et les argentés de Mexican Hat. On dirait que quelqu'un a peint le flanc de la colline avec différents types de sables, avec des motifs géométriques. En 10 km, le paysage n'a plus rien à voir. J'adore. On passe rapidement Mexican Hat (Cf. photo) et on pousse le bouchon pour se rendre à "Goosenecks", un point de vue depuis lequel on aperçoit les innombrables virages d'une rivière. Les gorges sont très belles avec la lumière de fin d'après midi.
On appuie (un peu) sur le champignon pour ne pas arriver trop tard à l'hôtel. On quitte le coin par une montée qui nous fait grimper tout en haut de la "mesa". Arrivés au sommet, re-changement radical des alentours, on passe à de la roche, fendue par cette route toujours impeccable. On a vraiment l'impression qu'on a déroulé ce ruban d'asphalte au milieu de nulle part et c'est d'ailleurs probablement le cas.

On arrive au village de Bluff (non je vous jure), petite oasis de vertdure au milieu d'une nature aride. On est encore en plein Mormons-Land dans ce trou mignon mais paumé. Ils ont eu le chic de s'installer au milieu de nulle par après s'être fait chasser des grandes villes par les autres Chrétiens. En étudiant la chose de plus près, c'est quand même étonnant que des villes, des régions entières soient ainsi mormonnisées de génération en génération. De bons américains, bien croyants, bien adeptes de prosélytisme religieux, bien polygames (pour certains), bien conservateurs et garants des valeurs morales (que les femmes restent à leur place). Tout ça parce qu'un jour leur gourou sous LSD a vu la vierge et 3 tablettes en or. Wow... Bref je m'égare. On arrive à Bluff charmante bourgade de l'Ouest américain. Le soir, on goute à la pizza sur pain frit Navajo (gras et délicieux) et à la bière brune "Polygamy Porter". Il est vraiment temps d'aller se coucher...

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28Juil/141

Yatta Hééé

Day 15

Ce matin on pars visiter "Antelope Canyon" qui su situe juste à la sortie de Page. Il est 9h et il fait déjà bien chaud. On est déjà en territoire Navajo mais pour accéder au site, il faut entrer dans une sorte de parc clôturé pour la protection des lieux. On trouve la cabane qui sert de bureau aux guides, on paye nos entrées et on attend. On attend avec une flopée d'autres touristes français. Des Français, ici il y en a partout, c'est aussi étonnant que désagréable. Pas qu'on n'aime pas les Français mais on est venus se dépayser et ici c'est compliqué. En fait, des Francais on en croise beaucoup depuis Zion. Mais ici c'est un record, c'est au moins les 2/3 des touristes. Au restaurant, il y en avait à gauche, à droite, devant et derrière. Obligé de briefer les enfants pour qu'ils ne critiquent pas les gens ouvertement, trop risqué ! Il faut croire que les Français ont de l'argent et que cette histoire de crise et de perte du pouvoir d'achat n'est qu'une vaste rigolade ! Bref on attend notre guide avec quelques bidochons en vacances.

On part dans le désert, en groupe de 15 pour une bonne heure de marche et on s'enfonce rapidement dans le canyon très étroit par le biais d'un escalier en métal. Les parois ne sont distantes que d'un à 3 mètres environ. On descend tout au fond de ces espèces de grottes façonnées par les eaux. Les murs sont rouges, les sol est recouvert de sable fin orange et il fait très chaud, l'air ne passe pas ici. Dès qu'on rentre dans le canyon, on est saisi par la beauté du lieu. Les formes sont arrondies, à la fois torturées et harmonieuses. Ça monte haut, très haut et parfois, on aperçoit un bout de ciel bleu. C'est véritablement magique. Les jeux de lumière sont de toute beauté, c'est vraiment une des plus jolies choses qui nous ait été donné de voir lors de nos visites. La guide (Navajo) nous explique les lieux et nous donne beaucoup de conseils pour la prise de photo. Ça mitraille sec ici. Il faut dire que le site est éblouissant ! On se suit en file indienne (évidemment) car il y a peu de passages plus larges que pour une personne à la fois. La guide agrémente la visite en jouant de la flûte traditionnelle. C'est géant. La visite est assez lente, on nous donne du temps, c'est très agréable. On crapahute, on s'extasie et on finit par ressortir par un autre petit escalier plusieurs centaines de mètres plus loin. A la sortie, on comprend comment se forment ces cavités. La rivière (pour le moment asséchée) continue sa course dans le canyon et creuse ces galerie. On nous explique que 40 fois par an, les pluies en amont de la zone créent des torrents (flash floods) qui viennent se déverser ici et remplir complètement Antelope Canyon. La nature est encore à l’œuvre !

On repart de cette "réserve" et on ne fait que 5km avant de trouver la marina d'Antelope, basée sur le lac Powell. Une base de loisirs est aménagée avec restaurants, zone de baignade et wake board. De gros bateaux sont amarrés ici et les plaisanciers entrent et sortent de la marina. Il est presque midi et le soleil tape sévère. On se change et on se glisse dans l'eau à 26°... On est sur une sorte de plage aménagée, accrochée au ponton, assez loin sur le lac. Un panneau nous donne la profondeur des lieux. 122m. De quoi nous foutre la trouille. Moi je n'aime pas nager sans trop savoir ce qui se passe sous moi. C'est psychologique mais savoir qu'il y a probablement de gros trucs en bas, ça ne me va pas. Du coup on reste plutôt dans la zone de baignade avec un fond artificiel !

On déjeune et le temps tourne à l'orage. On repart et on décide de faire un crocher par les autre "plages" du coin, sur le lac. Il pleut quelques gouttes mais il fait si chaud que ça fait du bien. On descend la pente qui nous amène sur les berges et les nuages sont vite balayés. L'endroit est de toute beauté. L'eau est bleu / verte avec beaucoup de nuances allant du bleu métallique à l'argenté. C'est superbe. L'eau est toujours aussi chaude. On trempe un orteil. Puis le pied, et puis le mollet aussi. Finalement la jambe y passe et puis on enlève nos vêtements (on a gardé nos maillots). Allez, à la flotte ! On restera ici toute l'après midi, à se baigner et à admirer le paysage. Il y a très peu de monde, c'est agréable. Avec Nath on part explorer les fonds avec nos masques et la caméra. Les pans rocheux sont abruptes et tombent à pic. Là encore, pas envie d'aller batifoler trop loin avec beaucoup de profondeur. Donc on reste relativement proche du rivage mais on s'amuse beaucoup. Il y a 50 ans, le barrage de Glen Canyon (à 3km) n'existait pas et cet endroit était un canyon large et profond. Depuis, il s'est rempli à cause de la retenue d'eau et a formé ce lac géant aux multiples bras. C'est l'eau du Colorado qui coule ici.

Sur la berge, je rencontre un Indien (qu'il faut à juste titre appeler un "Native American") avec qui je discute un long moment. Il est venu ici en famille pour pêcher. On parle communauté et culture indienne, on parle traditions et on parle de l'histoire des lieux. Ce Navajo est un ancien guide et connait la région comme sa poche. Il m'apprend quelques mots dont "Yatta Hééé" qui veut dire "bonjour". Je parle aussi longuement avec son fils d'une quarantaine d'années qui me raconte toute sa vie. Il me demande si je collectionne les pièces, je lui répond que non. Il me montre une pièce d'un demi Dollar avec le profil de JFK et me dit que c'est une pièce difficile à trouver. Je lui donne quelques pièces d'Euros (à défaut de pouvoir lui donner des Francs...) et en retour, contre toute attente il me donne sa pièce collector. Un vrai cadeau. Il me confie que la pièce a été utilisée lors d'un rite traditionnel, au centre d'un tipi, pour la préparation d'une cérémonie liée aux préparations médicinales. Il me dit en gros que cette pièce a été "bénie" et qu'elle apporterait bonne santé et sécurité à toute ma famille et par le biais de ce don, à sa famille également. C'est génial. Je lui dit de garder cette pièce qui lui est chère et il m'explique qu'il me la donne sans regret car me la donner, c'est lier nos familles et par ce lien il possède encore la pièce. Quelle belle façon de voir les choses. C'est une vraie leçon de partage.

On repart de cette superbe plage vers 18h, direction un plateau de Page pour admirer le coucher du soleil sur un panorama fabuleux. Le soir, on dine à quelques mètres du motel, dans un restau mexicain. Les portions sont toujours folles, la margarita est bonne et pour le dessert on s'autorise une atrocité : un cheese-cake frit...

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28Juil/141

Wild Wild West

Day 13

Aujourd'hui on se lève tôt. Le réveil sonne à 6h55, c'est à dire 5h55 ancienne heure puisqu'on a pris une heure de plus en passant en Utah. On file en direction de Zion National Park, en plein territoire Mormon, ou il fait déjà plus frais (environ 38°). Il y a une centaine d'années, quelques Catholiques radicaux sont venus installer leur campement dans ces vallées rouges. Émerveillés par la beauté du décor, ils ont tous simplement nommés le coin Zion. On est quasiment au paradis ! Bref, au fur et à mesure de la route, les terres se colorent de plus en plus, les canyons s'affirment et les alentours se font de plus en plus majestueux. On se gare à l'entrée du parc car les routes sont interdites aux voitures. Le site est fragile et doit être préservé. Du coup ce sont des cars écolos qui nous baladent sur les routes du parc. On décide d'aller tout au bout et de revenir visiter les endroits qui nous semblent les plus jolis. Il suffit de lever les yeux pour admirer la magnificence des lieux. Chaque courbe, chaque rocher monumental, chaque versant du canyon est d'une beauté à couper le souffle. On dirait des montagnes de brique dans un écrin de verdure, un paradis de murs d'escalade pour les fondus de varappe. Comme dans tout canyon qui se respecte, une petite rivière coule paisiblement au fond. On la suit à pied en évitant les nombreux cactus et les prairies protégées. De nombreux écureuils gris viennent nous quémander de la nourriture et s'approchent à moins de 10cm, à se demander s'ils ne vont pas finir par nous mordre ! Il est interdit de nourrir ces bêtes (la délation est d'ailleurs encouragée) alors on se contente de les observer et de les prendre en photo. On s'arrête pour manger, un peu plus bas dans le parc et on continue à lever le nez pour mieux admirer cet endroit exceptionnel. On reprend la route, assez tôt finalement et on s'arrête à tous les points de vue. Précipices, formation rocheuses, stries, strates, dômes, falaises, dunes pétrifiées, arches en pierre, la sortie du parc semble encore plus belle que le parc lui même ! On dirait que la roche a été travaillée comme de la guimauve ! C'est fou cette impression d'avancer vers le toujours plus beau, toujours plus impressionnant. Je pense que cela tient à l'impressionnante diversité des paysages. De Km en Km l'environnement change et révèle de nouvelles surprises.

On finit par vraiment sortir de cette jolie vallée et on retrouve des paysages plus "normaux". De grandes étendues, quelques forêts, des vallées, d'autres plaines à perte de vue ou il fait bien meilleur (23°). On quitte la rocaille pour la végétation et les sommets rougeoyants de la forêt de Dixie et on arrive à Tropic, petit village mono-rue, notre lieu de résidence d'un soir. Tropic c'est 10 baraques, une station essence, une supérette, un grill et 5 motels, rien de plus. On est en plein territoire Mormon et une bible de "l'église de Jésus Christ et des Saints des derniers jours" (excusez du peu) nous est offerte avec le coucher... Intéressante approche. Je vais peut-être me convertir, qui sait ? Ici aussi il y a un grand T dessiné en haut de la colline en pierres blanches. On a eu droit au H de Hurricane, au LP de Lone Pine ; ici on raffole des initiales de patelins et on est évidemment super fier de son village, de son pays. Le temps pour nous de faire 3 courses et de manger un morceau au grill du coin qui lui aussi propose à ses clients des bibles gratos. Chez les Mormons on a le super sourire et le super sens de l'accueil. Limite un peu trop pour être honnête. Bref. Chez eux les portions sont déjà un peu plus raisonnables mais ils ne connaissent pas la vraie sauce "gravy", la leur est blanche... On s'endort au son des feux d’artifices, bizarre, on n'est pas le 4 juillet...

Day 14

BOUM ! BOUM ! BOUM ! On est réveillés à 6h pile par 3 énormes explosions. Comme si on faisait péter 3 bâtons de dynamite à quelques mètres de la chambre. Sympa le réveil du samedi matin à Tropic ! Le sens de l'hospitalité. On apprend quelques heures plus tard, par la voix du Shérif du comté de Garfield (miaou), qu'aujourd'hui c'est la fête des pionniers (comprendre l'arrivée dans le coin des premiers Mormons colonisateurs, aux alentours de 1890). Aujourd'hui, on célèbre en gros les 120 ans d'histoire du patelin. Impressionnant 🙂 Et c'est à cet égard qu'on a eu droit à un réveil... au canon ! Du coup le Shérif nous a proposé d'attendre la parade avant de partir. On s'est assis sur le trottoir (seuls) et on a vu passer 3 voitures, quelques chevaux, 2 quads montés et / ou suivis par des enfants du pays, de 5 à 80 ans. Il n'y avait strictement personne pour regarder la parade mais ils étaient contents, c'est l’essentiel... Une banderole disait "Modern Pioneers... Pray, Read, Obey & Smile". Tout un programme ! On nous jette des bonbons, c'est la tradition ; les gosses sont ravis.

On file en direction de Bryce Canyon qui n'est qu'à 5 minutes. Bryce était évidemment le premier Mormon du coin (1876) et il a aidé beaucoup d'autres vrais croyants à s'installer dans le coin. Dans le jargon, c'était un "Serial Homesteader". Bref on se gare dans l'un des petits parkings du parc (malheureusement sous une pluie légère) et on part (re)découvrir ce fameux canyon. On marche quelques mètres et on arrive devant un gouffre de rouges et d'ocre, finement sculpté. Le spectacle est saisissant et nous arrache à tous un wow d'ébahissement. C'est vrai que c'est sublime. Tout le flanc de la montage, que l'on découvre en demi-cercle, présente ces sculptures magiques, les hoodoos. L'érosion a fait son œuvre et à fait "fondre' les terres les plus molles, les plus friables pour ne conserver que ces pierres de sable rouge, jaune, ocre, rose... Vraiment à couper le souffle, encore... La visite est vite faite et le Canyon ne s'étale pas sur de trop grandes distances. On marche sur la crête pour découvrir les différents points de vue et prendre toujours plus de photos, surtout que le soleil revient !

On pic-nique et on finit par quitter les lieux vers 16h après une visite au "Rock shop" du coin qui propose pierres locales, minéraux, fossiles et bois pétrifiés. Les enfants font leur petit marché.

On est en route pour Page, un peu plus au Sud, en limite d'Arizona. On passe par Kanab qui a évidemment son méga K imprimé sur la montagne et on plonge droit sur le Lac Powell. En route on passe par des plaines immenses où les routes rectilignes filent jusqu'à l'horizon. Sur la gauche se dressent des "mesas", sortes de monts isolés au sommet plat. Ils sont rouges sang ; on sent l'influence du Grand Canyon. Plus on s'approche de Page, plus les environs se creusent et se dessinent. Les collines sont ciselées et sont semblables à des desserts, avec des couches successives de crème et de chocolat. Un vrai tiramisu !! Sur la route on double et on croise un nombre incroyable de voitures remorquant un bateau. Salt Lake City n'est qu'à 4h d'ici et le Lac Powell attire les citadins. On finit par apercevoir des méandres de ce fameux lac aux eaux bleu métal dans un décor grandiose, au fond d'une vallée infinie. On s'arrête à un dernier point de vue pour admirer le paysage. C'est éblouissant. Pas uniquement à cause du beau soleil mais bien à cause de ce bleu profond, de cette marina, des canyons gris et argent qui servent de fond au décor, du barrage de Glenn Canyon sur la droite, de l'immensité du paysage et de la vue à 360°. C'est épuisant tellement c'est beau.

On finit les 5 minutes de route vers Page, ville fondée en... 1957. C'est incroyable de savoir que cette ville n'a que 57 ans... Le Guide du Routard en parle comme d'un "morne bled d'Amérique profonde, écrasé par le soleil et perché sur Manson Mesa dominant la rive Sud du Lac Powell"... Tout un programme !

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27Juil/140

Vegasme

Day 10 suite...

On rentre dans Vegas et on admire déjà les premiers hôtels de luxe avant d'arriver au notre, le Holiday Inn Vacation Club. Pas un grand nom (quoi que) mais en plein centre et surtout de quoi nous poser confortablement pendant 2 nuits. On s'installe dans un petit appartement de 50m² avec une cuisine américaine (what else ?), un salon, une chambre équipée d'un kingsize, un balcon, une machine à laver, 2 TV (rien que ça), une cheminée, une baignoire pour 4 personnes, etc... Tout confort pour 2 jours ! Les enfants sautent dans la piscine. Dehors il fait la bagatelle de 45°, du coup l'eau à 30 est un peu frisquette ! Dès qu'on sort de l'eau, on sèche comme goutte au soleil...

Ce soir on part à pied découvrir le strip et ses lumières. Des bâtiments éclairés partout, des immeubles éblouissants au sens propre. Tour Eiffel, Statue de le Liberté, Mongolfière géante, fontaines immenses, panneaux d'affichage géants pour de la pub évidemment, néons et flash. C'est dingue. Il y a un monde incroyable, les rues sont bondées de touristes de touts bords. Des Européens, des Américains, des Asiatiques, des gens mal fringués, des dames en tenue de soirée (de plus ou moins bon gout...), des gens habillés, des filles très court vêtues... A chacun son programme à Las Vegas. On trouve évidemment les Elvis Presley de tous poils, les Fées Clochette, les Ironman et Bumblebee qui essaient d'arracher aux passants leurs US$ contre une photo et nous on essaie de se frayer un chemin dans cette faune sans perdre notre descendance au coin d'une rue. On lève les yeux, tout est grand, tout est fou, tout est décadent. Tout est disponible (surtout la nourriture qui est omniprésente) et tout est superlatif. Le bâtiment le plus grand, le plus large, le plus éclairé, le plus haut... Partout où l’œil de pose, il est stimulé, surstimulé... C'est une attaque constante d'informations et d'excitation. Une drôle d'expérience, le tout dans les 44° relevés à 20h30. Il fait extrêmement chaud et sec ce qui rend la marche en extérieur est pénible. On passe devant des magasins dont la climatisation fait baisser la température de la rue de quelques degrés. Je me demande quelle est la consommation énergétique de la ville, ça doit être tristement faramineux. La tête en l'air et les yeux écarquillées on finit par trouver la portion du Las Vegas Boulevard qui reprend les principaux buildings de New-York, quasiment en taille réelle. On s'arrête pour un bon burger au Brooklyn Burger Bar et on retourne à l'hôtel vers minuit et demi, complètement crevés par cette folle journée.

Day 11

Le lit est si bon en ce jeudi matin qu'on a peine à se lever... Mais on a tant à faire, à commencer par retourner à la piscine où Nath s'exerce à nager sans brassards ! On décolle vers 11h, toujours sous un soleil de plomb. Il fait 42° à l'ombre et décide d'aller se réfugier au casino de Circus Circus, un peu plus au Nord sur le Las Vegas Boulevard. On se gare et on découvre les entrailles de la bête. Avant d'arriver aux machines à sous on passe par un dédale de couloirs sur plusieurs étages qui se mêlent et s'entremêlent. T-shirts, souvenirs, glaces, pâtisseries, boissons sucrées, chaussures, "wedding chapels"... tout est bon pour nous faire passer du bon temps ! Les casinos et leurs galeries marchandes sont évidemment climatisées (on supporte parfois une petite laine) pour mieux garder les clients potentiels. D'ailleurs, ici, la plupart des casinos communiquent entre eux sous terre pour mieux faciliter la circulation. On peut ainsi se balader et dépenser nos sous toute la journée sans même voir la lumière du jour. Le paradis du jeu, l'enfer du portefeuille... Et ça marche ! Les casinos sont pleins, les rues sont quasi désertes.

Au Circus Circus, il y a tout un étage dédié aux enfants. Des jeux de toute sortes (jeu de tirs, petites machines à sous, jeux d'adresse...) Les enfants ne gagnent évidemment pas de sous mais des peluches ! Et si les machines doivent rendre des pièces, ce ne sont pas des sous qui sortent mais des rubans de tickets que les enfants pourront ensuite échanger contre des jouets. La partie coute de 1 à 3 Dollars, c'est vraiment abordable. Et toutes les 30 minutes, les enfants ont droit à un spectacle (clowns, acrobates, trapézistes...). Je me rappelle très bien de cet endroit 30 ans après. Le casino abrite également un véritable parc d'attractions avec montagnes russes et tout le tralala sous un dôme de verre. Étonnant.

On quitte Circus Circus en début d'après midi pour nous rendre au plus luxueux hôtel Palazzo, accolé à l'extravagant Venezzioano. On se perd encore dans les couloirs interminables tout en nous arrêtant aux fontaines en marbre, aux cascades intérieures aux composition florale d'exception etc... Ces hôtels / casinos rivalisent de folie et de luxe pour attirer le monde. Les mots sont difficiles à trouver tant les idées et les décors sont extravagants. J'ai souvent l'impression que cette débauche de luxe et de moyens va trop loin. On se croirait à Dubaï avec des émirs archi-riches ne sachant plus quoi faire de leur argent. C'est juste fou. Des escaliers immenses, des plafonds peints époque Renaissance, des statues, des fontaines, du marbre, des bassins... Au Veneziano, comme son nom l'indique, on trouve des canaux et des gondoles. Rien que ça. En extérieur et en intérieur. On sort faire un tour dehors. La chaleur est saisissante. C'est un grill. Le sol réverbère la chaleur et nous enveloppe tout entier. C'est vraiment très désagréable. On rentre se réfugier dans les fausses rues de Venise, en intérieur, climatisé évidemment. Les plafonds peints et les jeux de lumière nous donnent l'impression d'être dans une ruelle d’Italie en fin de journée. On voit le ciel, quelques nuages, il fait bon, c'est dingue. Évidemment il y a des boutiques de luxe dans ces "rues italiennes" et beaucoup de touristes médusés, comme nous. On ressort de cette Italie délirante vers 18h, direction l'hôtel, pour un bain bien sûr !

Ce soir on mange mexicain au Cabo Wabo Cantina. Toujours des portions gargantuesques qui finissent par nous donner mal au ventre. On pousse quand même la balade pour aller visiter l'hôtel "Paris" avant de rentrer. Sous cette Tour Eiffel impressionnante on trouve tous les stéréotypes français. Ambiance bistro des rues parisiennes, petit lampadaires, tables rondes, serveuses court vêtues, le chic à la française quoi ! Je ne sais pas si c'est l'heure (moi je pencherais plutôt pour le lieu), mais il y a beaucoup de femmes très apprêtées, comme si toutes les rencontres romantiques pouvaient se concrétiser à Paris, fusse-t-il en carton ! Ici tout est étiqueté "LE concierge", "LA boulangerie", "LES toilettes", etc... il ne manque plus que "LE baguette" et "LA camembert"... On sort et on se fait le dernier spectacle des mythiques fontaines du Bellagio, à minuit sur l'hymne américain. Absolument superbe, comme dans les films mais en mieux... Allez hop, au dodo !

Day 12

Ce matin on fait les bagages et on s'en va. Dehors à 10h, on en profite pour faire quelques courses de vêtements et pour visiter l'hôtel Wynn. On y trouve notamment des jardins intérieurs, sortes d'allées fleuries et féériques. D'énormes boules piquées de fleurs fraiches pendent des arbres, une montgolfière de 5m de hauteur est également délicatement décorée de roses jaunes. Un peu plus loin, c'est carrément un manège de petits chevaux qui est entièrement habillé de fleurs blanches. L'inutilité de ces œuvres n'a d'égal que leur beauté. C'est un peu consternant.
On n'est pas sortis de Vegas avant midi et on quitte la ville par le Nord. On passe par quelques quartiers qu'on veut visiter à notre retour, notamment ces petites chapelles ridicules.

Dans le ciel, au loin, j'aperçois des avions de chasse. Hmmm... En regardant la carte je me rends compte qu'on va passer DEVANT la base aérienne de Nellis. Je n'avais pas la moindre idée que ce nom mythique était associé à celui de Vegas ! On se rapproche, je fais un détour, je trouve une petite route adjacente à la base et j'attends dehors, espérant apercevoir au moins un jet... Allez s'il vous plait, un peu de clémence Dieu de l'USAF ! J'ai été entendu. Deux A10 Thunderbolt déboulent dans un ciel parfaitement bleu, survolent la base et font une boucle pour atterrir et passent... au dessus de ma tête. Vous ne vous rendez pas compte, un A10 THUNDERBOLT !!! L'avion tueur de chars, une légende ! J'en avais jamais vu de ma vie, je suis en transe. Suivent six F-16 qui procèdent au même balai et me passe au dessus de la tête à 15m. Wow. Quelques minutes plus tard, alors qu'on est repartis, c'est un F-22 Raptor à l'atterrissage qui passe au dessus de la voiture. La cerise sur le gâteau !

On file vers le Nord Est. Le paysage toujours poussiéreux et désertique change peu à peu. Le jaune / beige laisse place à l'orange pâle, les petits canyons se creusent et les montagnes se dressent. Il faut attendre St Georges, en Utah, pour que le paysage se transforme vraiment. Terre rouge et reliefs travaillés, ciselés. Des strates de beige, de blanc, de rose, de rouge. C'est magnifique. On arrive enfin à Hurricane, dans un motel classique, en L, à 2 étages au bord de la route. La petite ville est coincée entre quelques superbes collines. C'est à la fois une chance d'habiter là et compliqué d'habiter si loin de tout ! On file à la piscine, il fait encore 40°, çà va faire du bien. Et Caitlin enlève ses brassards et nage pour la première fois de sa vie. Pas besoin de lui expliquer grand chose, ça vient naturellement. Je suis ravi.

Remplis sous: Holidays Aucun commentaire